Puy du Fou

En Espagne, le tourisme français roule de plus en plus en direct

En 2026, près de 13 millions de Français auront visité l'Espagne. Et si la destination a longtemps incarné le tourisme industriel, elle échappe désormais totalement - ou presque - aux intermédiaires traditionnels du secteur.

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Florian De Paola

Florian De Paola

16 septembre 20262 min de lecture

Espagne Delta de l'Ebre
La très grande majorité des voyageurs français rejoint l'Espagne par voiture avant d'évoluer en autonomie à travers le pays (ici, dans le Delta de l'Èbre).© Colin+Meg/Unsplash

Il y a des paradoxes parfois surprenants. Ainsi, jamais autant de Français n'ont visité l'Espagne qu'en 2026. "Nous nous attendons à recevoir 12,9 millions de Français cette année", explique José Antonio Benedicto Iruiñ, le nouveau conseiller au tourisme auprès de l'Ambassade d'Espagne à Paris et directeur de Turespaña, l'office de tourisme de la destination, en France. Et, même si elle recule légèrement (-1,3%), l'Espagne demeure la deuxième destination la plus vendue, cette année, par les membres du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), qui représente les voyagistes intermédiaires traditionnels du secteur. Mais c'est surtout une manne touristique qui leur échappe.

64% des 12,9 millions de touristes hexagonaux (2024) rejoignent le pays en voiture, selon José Antonio Benedicto Iruiñ. Sans le bloc "aérien", et avec le développement des plateformes (Booking, Airbnb, Abritel, HomeExchange...), la plupart d'entre eux choisissent désormais de se passer d'un intermédiaire. "Les ventes par des TO représentent seulement 8% du total de visiteurs français", chiffre le directeur de l’OT.

La principale concurrente de l'Espagne, "c'est la France"

Ainsi, cet été, les Baléares (-6%) et les Canaries (-7,9%), piliers structurants du tourisme espagnol, s'affichent tous les deux en baisse parmi les ventes des membres du Seto. Et c'est d'autant plus vrai qu'une "majorité de ces touristes visitent la Catalogne", la région la plus facilement accessible en voiture depuis la France, précise le conseiller au tourisme.

Pour les autorités espagnoles, le marché peut toutefois progresser. "Pas en volume", assure José Antonio Benedicto Iruiñ, même si la France n'est "que" le deuxième ou troisième marché émetteur pour la destination, à la lutte avec l'Allemagne et derrière le Royaume-Uni. Mais sur certains segments en particulier : le Mice, le luxe, la gastronomie... autant de thématiques sur lesquelles la principale concurrente de l'Espagne, "c'est la France", reconnaît José Antonio Benedicto Iruiñ.

Car même si ce "marché naturel" est souvent dynamique, "il faut sans cesse le travailler, l’améliorer, innover". L’enjeu est significatif pour les professionnels espagnols du tourisme qui, eux, profitent pleinement de la manne touristique que représente le marché hexagonal. En 2025, les Français ont dépensé plus de 11,6 milliards d’euros en Espagne (+5,9%), selon l'Institut national de la statistique. Les touristes venus de France plébiscitent toujours plus la destination, mais la consomment désormais en direct.

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