C’est sur une plage totalement déserte que s’ouvre le reportage « Cuba, la descente aux enfers » réalisé par Franceinfo (en fin d'article). « Pendant les huit jours de notre séjour, on n’a croisé aucun étranger », explique la journaliste Stéphanie Perez. « Tous ceux qui connaissent La Havane sont très surpris, aujourd’hui, parce qu’elle n’est plus du tout la même capitale », poursuit la reporter à FranceTV. Des pousse-pousse, des vélos et des motos - tous électriques - ont remplacé les belles voitures américaines. La Havane est devenue « une déchetterie à ciel ouvert » faute de carburant pour le ramassage des poubelles.
La raison ? Vous la connaissez. C’est l'embargo américain qui prive Cuba du pétrole vénézuélien depuis près d’un an. Tout manque, des médicaments aux denrées alimentaires, y compris dans les épiceries d'État. La population souffre en silence dans cette dictature qui réprime les opposants. Même la joie de vivre s’est envolée, c’est l’un des constats les plus troublants du reportage, quand on a déjà visité l’île et écouté ses artistes de rues. « Il n’y a plus de musique », souligne Stéphanie Perez. Seul le marché noir prolifère dans ce pays où le niveau de vie était déjà faible avant la crise actuelle.
Lourdement sanctionnée par les États-Unis, surtout depuis le début de l’année, l’économie sombre, le tourisme en particulier. En 2025, 1,8 million de visiteurs étrangers ont visité l'île caribéenne, contre 4,71 millions en 2018 - dont de très nombreux Français. 2026 sera l'année de l'effondrement.
Très implantés sur place les deux groupes hôteliers espagnols Iberostar et Meliá ont mis fin à leurs activités sur l’île. La plupart des hôtels ont fermé leurs portes, par peur des sanctions américaines. Iberia prolonge la suspension de ses vols vers Cuba jusqu'en juin 2027.
« On se met à rêver de jours meilleurs, quand le président américain aura quitté la Maison Blanche. »
Ayant eu la chance de découvrir cette merveilleuse île en 2019, en dormant chez l’habitant, l'asphyxie de l’économie et du peuple cubain me révolte. En début d’année, Donal Trump a même osé évoquer une possible « prise de contrôle pacifique » du pays… Mardi, l’Oncle Sam a annoncé un renforcement des sanctions contre Cuba, avec de nouvelles restrictions concernant les opérations financières.
Alors on se met à rêver à des jours meilleurs, quand le président américain aura quitté la Maison Blanche. Le dégel des relations entre les États-Unis et l’île sous la présidence de Barack Obama, en 2014, avait donné une belle lueur d’espoir.
Le tourisme constituait alors un pilier de l’économie. Espérons que, dès le départ de Trump, les compagnies aériennes, les hôteliers, les voyagistes, les agences et les voyageurs reviendront dans cette destination hors du temps. Qu’ils expriment, collectivement, une ode à Cuba. Les 9,4 millions d’habitants n’ont jamais roulé sur l’or, mais ils ne méritent pas d’être en état de survie.