Puy du Fou

Côte d’Ivoire : l’ambition touristique de 2030 cherche encore ses investisseurs français

Portée par un tourisme d’affaires robuste, la Côte d’Ivoire veut accélérer sur le loisir et s’imposer comme l’une des cinq premières destinations d’Afrique. La destination est attractive, mais les autorités souhaitent attirer plus de capitaux français.

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Florian De Paola

Florian De Paola

14 septembre 20263 min de lecture

Côte d'Ivoire
La Côte d'Ivoire compte sur le développement du tourisme pour générer des emplois pour la jeunesse ivoirienne (photo d'illustration).© AFP

Après plusieurs décennies d’insécurité (lire encadré), la Côte d’Ivoire veut retrouver son succès touristique d’antan. « D’ici 2030, nous souhaitons devenir la cinquième destination touristique du continent », lance Siandou Fofana, le ministre ivoirien du tourisme, en visite à Paris à l’occasion de l’IFTM. Pour y parvenir, le pays veut s'appuyer sur le tourisme d’affaires et convaincre les voyageurs de prolonger leur séjour.

Stations balnéaires, retour des éléphants dans les parcs nationaux, écotourisme, Mice, golf, festivals… « nous pouvons progresser sur tous les segments du secteur », assure Siandou Fofana. D’ici à 2030, le tourisme doit même peser pour 10% du PIB ivoirien (environ 99,8 milliards de dollars en 2025), contre 7,6% actuellement. Avec, en ligne de mire, des perspectives d’emploi pour les jeunes. « 75% de la population ivoirienne a moins de 35 ans. Entre 2018 et 2025, le tourisme nous a permis de créer 650 000 emplois. D’ici à 2030, nous pouvons créer un million d’emplois supplémentaires », chiffre le ministre, en poste depuis bientôt dix ans.

La France, premier marché hors Afrique pour la Côte d'Ivoire

L’émergence du tourisme de loisir passera évidemment par l’offre, notamment hôtelière. En attendant de faire revenir Club Med ou Pierre & Vacances, "le genre de marques qu’il nous faut pour assoir notre ambition à l’international", la Côte d’Ivoire se réjouit d’avoir signé des enseignes prestigieuses (Four Seasons, Fairmont, Raffles…). « Nous attirons des investisseurs venus de Chine, du Maroc, des Émirats arabes Unis, des États-Unis, de Belgique », sourit Siandou Fofana. « En revanche, nous constatons une position timorée des investisseurs français… », regrette-t-il.

Le pays ne manque donc pas de capitaux, mais ceux provenant de l’Hexagone sont rares. « Or, nous assumons de façon décomplexée nos besoins réciproques. La France, c’est le premier marché hors Afrique de la Côte d’Ivoire. Et la relation historique entre nos deux pays doit être défendue », estime Siandou Fofana. Dans un espace régional où la France a perdu pied dans plusieurs pays (Mali, Burkina Faso, Niger), la Côte d'Ivoire est d’ailleurs l'un des rares États à réclamer publiquement et sans ambiguïté un engagement économique français renforcé.

Un "Disneyland totalement africain" financé par la Chine

Et les trains ne passeront pas éternellement, vu la croissance touristique du pays. Le parc hôtelier est en effet passé de 34 000 à 86 000 chambres en l’espace de dix ans. Cet été, la Côte d’Ivoire a aussi officialisé la construction du Parc Oriental de Songon, un complexe de loisirs réunissant parc aquatique, hôtel et un espace « neige et glace » unique en Afrique de l’Ouest. « C’est une sorte de Disneyland mais totalement africain », sourit Siandou Fofana. Porté par le consortium chinois China Road and Bridge Corporation (CRBC), le projet prévoit plus de 180 millions d’euros d’investissement en plusieurs phases. À terme, il doit accueillir 5 millions de visiteurs par an, touristes domestiques compris.

En termes de chiffres purs, la réussite touristique de la Côte d’Ivoire passe aussi par la vitalité du marché français. En 2030, l’Hexagone devra représenter « un quart » du tourisme international, hors Afrique, pour la Côte d’Ivoire. Le chemin est encore long : en 2025, 112 000 Français (hors diaspora) ont visité le pays des Éléphants.

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