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Une deuxième année noire pour les agences

La crise s’éternise et les agences les plus fragiles en subissent toujours plus durement les conséquences. Pour les gros réseaux, le constat est contrasté. Et si la grande distribution marque le pas, les agences en ligne ont le moral au beau fixe.

Les années se suivent et se ressemblent. Après un cru 2002 passé à panser les plaies consécutives au 11 Septembre, 2003 ne restera pas dans les annales. Une série de coups durs a achevé de décourager beaucoup d’agences de plus en plus fragiles économiquement. Et a entraîné une augmentation des faillites au fil des mois, avec un total de 107 défaillances sur l’année, selon l’Association professionnelle de solidarité (APS).

Révélateur de cette crise qui s’éternise, le baromètre de l’acti-vité des agences, réalisé par le Centre d’observation économique (COE) et le Syndicat national des agences de voyages (Snav), affiche pour la deuxième année consécu-tive une baisse, qui s’est amplifiée en 2003 (-2 % contre -0,4 % en 2002). Avec un recul de 1,5 %, l’activité billetterie a cependant mieux résisté que la revente de voyages à forfait, qui accuse un plongeon de 3,7 %. Il faut y voir la conséquence directe de la crainte des Français de voyager, alors que les bombes américaines commençaient à pleuvoir sur l’Irak. Et que les écrans de télévision renvoyaient les images d’Asiatiques, un masque sur le visage par peur du Sras.

Dans cet environnement troublé, les réseaux ont différemment tiré leur épingle du jeu.

Manor savoure une dernière fois sa place de premier

2003 restera comme une année charnière pour le groupement d’intérêt économique (GIE) Manor, qui occupe la première place de ce classement pour la seconde année. Et sans doute pour la dernière fois, puisque le GIE a vu partir au 31 décembre dernier les réseaux Wasteels (passé dans le camp de l’Alliance.T), Protravel (fusionné avec Carlson Wagonlit Travel) ou encore Acta/CMB Voyages. L’arrivée de l’agence en ligne Lastminute.com est loin de compenser ces deux départs car Protravel représentait à lui seul près de la moitié du volume d’affaires de Manor. Le GIE devrait vraisemblablement chuter au niveau de Tourcom dans le palmarès 2004.

American Express Voyages d’affaires conserve sa place de numéro 2. Une performance toutefois médiocre, le réseau ayant intégré dans ses résultats ceux de son ancien concurrent Rosenbluth (environ 40 ME), racheté l’an dernier.

Carlson Wagonlit Travel grimpe à la troisième place de notre classement, conséquence du regroupement de ses activités loisirs et affaires. Un retour à la situation qui existait jusqu’au milieu des années 1990. CWT passera même numéro un en 2004, une fois la fusion avec Protravel validée. Le volume d’affaires cumulé des deux réseaux s’élevait à 2,4 milliards d’E en 2003. A noter que si l’Alliance.T constituait un véritable réseau et si l’on additionnait les chiffres de tous ses partenaires (Selectour, CWT, Protravel, Verney, Wasteels, JV Voyages, CIT…), elle représenterait un volume de 3,9 milliards d’E, loin devant tous les autres !

Désormais numéro quatre, Selectour a plutôt bien résisté à la crise. Le réseau à l’hippocampe affiche une hausse de 4,4 % de son volume d’affaires, à 1 260 ME, même s’il est passé de 532 à 525 points de vente. Il a repris le chemin de l’expansion cette année, en mettant en particulier la main sur les neuf agences de Voyages 31 (qui a donc quitté Manor), après avoir repris (toujours via sa filiale Selectour Finances), les points de vente Ocetour à La Rochelle, Cap Voyages à Rennes et à Paris…

Grâce au recrutement d’une vingtaine d’agences et à son al-liance avec BTI France, Afat Voyages affiche une belle progression (+9 %). Le seuil de 1,1 milliard d’E de volume d’affaires sera allègrement franchi en 2004, le réseau volontaire ayant réussi à franchir le cap des 500 points de vente, accueillant quelques sociétés de poids telles Guillermin. Enfin, Tourcom s’est contenté de limiter les dégâts.

Du côté de la grande distribution, seul Mousquetaires Vacances (hors tableau) connaît encore une croissance démesurée (+170 % !), due à la montée en puissance de l’enseigne, créée en 2002. Mais elle ne pesait encore que 7 ME l’an dernier. Les autres réseaux ont entamé un atterrissage en douceur, marqué par des croissances plus mesurées, de 15 % pour Voyages Auchan et de 10 % pour E.Le- clerc Voyages, voire des baisses pour Casino Vacances (-24 %) et Vacances Carrefour (-2 %).

Une pause que ne connaissent pas les agences en ligne comme Voyages-sncf.com, dont le volume d’affaires s’est envolé à 467 ME (+73 %). Le distributeur con- forte sa place dans le top 10 de la distribution et, surtout, gagne de l’argent…

Des agences en ligne pas très communicatives

Lastminute France lui emboîte le pas avec une progression de 41 % (pour 163 ME de volume d’affaires). Enfin, Opodo France se hisse pour la première fois dans ce classement. On regrettera que ce dernier, comme plusieurs autres agences en ligne telles Ebookers, Karavel/Promovacances…, ait toutefois refusé de nous donner tout ou partie de leurs résultats. Il est vrai que, comme les réseaux d’hypermarchés, les agences en ligne doivent encore prouver que leur modèle économique est rentable…

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