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Tourisme : à quoi servira (ou pas) le pass sanitaire ?

Après avoir d’abord écarté le principe d’un pass sanitaire, son utilisation est désormais actée par l’exécutif. Et ce nouvel outil pourrait bien devenir le sésame permettant la reprise de certains pans de l’industrie touristique mis à l’arrêt par la pandémie.

En dévoilant jeudi son plan de déconfinement, Emmanuel Macron a livré plus d’informations sur l’utilisation du futur pass sanitaire. Une donnée essentielle pour nombre d’opérateurs touristiques qui devront intégrer cet outil lors de la reprise de leur activité. Concrètement, « ce pass contiendra une preuve de vaccination, de test négatif, ou toute preuve d’une non-contamination au virus, afin de pouvoir se déplacer », avait indiqué dès mercredi Jean Castex.

Le document sera authentifié grâce à un QR Code et existera soit au format papier, soit au format numérique. Il sera disponible dans l’application TousAntiCovid. Depuis le 19 avril, l’application héberge en effet une fonctionnalité « Carnet » qui permet de stocker et d’afficher les résultats d’un dépistage Covid ou, depuis le 29 avril, d’une attestation authentifiée de vaccination.

Il y a quelques jours, le Gouvernement a lancé l’expérimentation de la fonctionnalité TousAntiCovid-Carnet sur les vols à destination de la Corse. Dans les prochaines semaines, l’expérimentation sera étendue aux vols vers les Outre-mer. A terme, cet outil devrait donc permettre de voyager en Europe, ses caractéristiques respectant le projet de « certificat européen Covid-19 ».

Pas de pass au musée, ni au restaurant

Mais pour revenir à l’usage du pass sanitaire dans les limites de l’Hexagone, tout n’est pas encore tranché. Le sujet reste épineux, même si l’idée a fait du chemin depuis plusieurs mois. « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français », a souligné le président de la République lors d’un entretien à la presse quotidienne régionale où le président a détaillé les étapes du déconfinement. « Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis.” Les musées, qui rouvriront le 19 mai avec des jauges adaptées, ne seront pas non plus concernés.

Un sésame pour l’événementiel

« Par contre, dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser », a affirmé Emmanuel Macron. L’événementiel devra donc composer avec cette nouvelle donne.

A partir du 9 juin, il sera en effet possible d’accueillir 5000 personnes dans des lieux de culture ou des établissements sportifs avec un pass sanitaire. Cette date marquera aussi la réouverture des salons et foires d’exposition, avec la possibilité là encore d’accueillir jusqu’à 5000 personnes avec le pass sanitaire. A partir du 30 juin, il sera possible d’accéder à tout événement rassemblant plus de 1000 personnes en extérieur ou en intérieur. La limite maximale de public présent sera adaptée aux événements et à la situation sanitaire locale.

Alors que la reprise des festivals étaient encore très incertaine il y a quelques jours, il s’agit donc là d’un signal positif pour ces événements qui sont de véritables locomotives touristiques. Annulé l’an dernier, le directeur du  festival d’Avignon a ainsi confirmé son organisation cet été, dans la foulée des annonces du président.

En revanche, à ce stade, la réouverture des discothèques est écartée, même avec un pass sanitaire. “Les autres pays d’Europe rouvrent les discothèques. Si elles restent fermées cet été en France, les jeunes vont partir ailleurs, à Ibiza pour faire la fête (…) et la France sera l’Ehpad de l’Europe », a regretté l’Umih dans un tweet.

Le pass sanitaire doit enfin permettre le retour des touristes étrangers dès le 9 juin, ainsi que le mentionne le calendrier partagé par la présidence de la République. Un signal fort pour les professionnels du tourisme réceptif.

Débat au Parlement

Beaucoup de précisions restent toutefois à apporter sur le déploiement concret de ce dispositif. Mais avant, le sujet doit être débattu. « Comme il en va de nos libertés publiques, le Parlement se saisira de la question, a souligné Emmanuel Macron. Le débat doit être ouvert. Ce pass, qui sera papier ou numérique, via l’application TousAntiCovid, permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent. C’est juste et ça ne fracturera pas le pays. Ce sera un outil supplémentaire pour assurer la protection des Français », estime le président de la République.

Le pass sanitaire doit être débattu et voté fin mai par les parlementaires. Le calendrier de réouvertures, les jauges et protocoles seront par ailleurs détaillés la semaine du 10 mai par le Premier ministre Jean Castex, indique par ailleurs l’Elysée.

Enfin, si le gouvernement a dévoilé une feuille de route précise, l’évolution de la situation sanitaire, encore fragile, invite à la prudence. Les inquiétudes se concentrent notamment sur le variant indien, dont les premiers cas viennent d’être détecté en France. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a elle mis en garde jeudi l’Europe sur l’assouplissement des restrictions, estimant que la situation en Inde, en pleine flambée, « peut se produire n’importe où ». Des « freins d’urgence » sanitaires pourront être actionnés dans les territoires où le virus circulerait trop », a souligné le président de la République lors de son entretien à la presse.

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