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Thaïlande : les TO ne crient pas victoire

La situation se normalise progressivement à Bangkok, après une sanglante sortie de crise. Mais les voyagistes jouent la prudence et privilégient un retour en douceur.

Les rues de Bangkok ont retrouvé leur calme. Après deux mois de siège des chemises rouges dans le centre de la capitale, les dernières traces de leur campement ont été effacées, les routes rendues à la circulation, les lignes de métro remises en service et la majorité des barrages de sécurité levés. Mais les centres commerciaux incendiés, dont certains menacent de s’effondrer, devront être détruits, partiellement ou en totalité. Et il faudra sans doute des semaines pour que les touristes étrangers fassent leur retour. « En l’état, Bangkok est à nouveau opérable, explique Jean-Paul Chantraine, le PDG d’Asia. Mais ce n’est pas mal d’avoir encore une période d’observation. » Les voyagistes ont prévu de se retrouver le 3 juin au Ceto pour décider d’un éventuel assouplissement des recommandations.

PRUDENCE ET BON SENS

Depuis le 23 avril, l’association des tour-opérateurs conseille le maintien des voyages mais avec un ajustement des programmes afin d’éviter Bangkok. Une position valable jusqu’au 15 juin. Certains producteurs et distributeurs ont cependant décidé d’aller au-delà et de suspendre leurs départs au moment du pic de la crise. « C’est une mesure de bon sens, on ne pouvait pas obliger les gens à partir dans ce contexte », justifie par exemple Isabelle Cordier, DG de Carrefour Voyages, qui a annulé les départs le week-end dernier. Le réseau a négocié avec les TO des mesures d’assouplissement commercial exceptionnelles. Idem chez Vacances Transat, qui compte reprendre les départs durant la première semaine de juin. « Alors que nous n’avions pas eu de réaction au début de la crise, les images des violences de la semaine dernière ont provoqué une déferlante d’appels », décrit Armelle Le Scaon, la directrice de production. Le TO, dont la production thaïlandaise est à 100 % composée de circuits, a donc proposé des reports sans frais durant douze mois aux clients dont les départs ont été supprimés, mais pas d’annulations. Une souplesse commerciale également consentie par Best tours, mais uniquement pour les clients de circuits. Les séjours balnéaires, eux, qui génèrent 80 % du CA du voyagiste belge en Thaïlande, ne sont pas concernés. Ils sont pourtant aussi affectés par la baisse des prises de commande. « Sur les deux derniers vols vers Phuket, constate Philippe Bertholet, directeur commercial du TO, une soixantaine de sièges sur lesquels nous étions engagés sont restés vides, ce qui est une conséquence conjointe du volcan et des événements de Bangkok. Ce qui nous rassure, cependant, c’est qu’au plus fort des événements, nous avons continué à enregistrer des réservations, entre 5 et 10 par jour, contre une quarantaine en temps normal. » Mesure habituelle de relance, le TO a sorti l’arme des promotions, proposant des forfaits vols et séjour d’une semaine en hôtel de luxe à partir de 555 E, au lieu de 899 E ou 999 E en temps normal à la même période. Heureusement pour les professionnels, l’été constitue la basse saison. Mais après ? « L’épisode qui vient de s’achever aura un impact sur la prochaine haute saison, c’est évident », prédit Jean-Paul Chantraine. Au-delà, tous les voyagistes savent aussi que la crise politique que traverse le pays depuis 2006 n’a, cette fois non plus, pas été réglée. Parmi les motifs d’inquiétude, le sort de Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre, accusé de guider à distance les chemises rouges et à l’encontre duquel un tribunal thaïlandais a émis, mardi, un mandat d’arrêt pour terrorisme, et celui du roi Bhumibol, très malade, et dont la mort pourrait rallumer l’incendie.

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