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Rentabilité : Les résultats sont en berne

Les marges se sont encore réduites en 2009 et les entreprises se sont appauvries, même si toutes ne sont pas logées à la même enseigne.

En 2008, les voyagistes avaient ressenti les prémisses de la crise sur leurs résultats. Et 2009 a continué de mettre à mal la rentabilité du secteur, la plus mauvaise depuis une décennie. Ensemble, les 216 entreprises de notre classement ont dégagé à peine 20 ME de résultat net. Le Club Med, qui avait renoué avec les bénéfices en 2008, a totalisé à lui seul 53 ME de pertes. Avant « éléments non récurrents », ce résultat reste toutefois proche de l’équilibre à -3 ME. Au global, le ratio de rentabilité du secteur s’affiche à 0,6 %, quand il avait accroché 1 % en 2007. C’est dire que l’exercice a été rude. D’ailleurs, 37 entreprises sont dans le rouge (contre 24 en 2008) et pas des moindres. Plein Vent, qui s’était toujours distingué par le passé, accuse 2,1 ME de déficit qui grèvent le résultat net part du groupe de Fram auquel il appartient depuis fin 2008. De même, Donatello avec 940 000 E de pertes, qui s’ajoutent aux 480 000 de l’exercice précédent, accuse le coup. Un trou d’air à corréler sans doute avec la concurrence agressive d’Italowcost, qui a bousculé le spécialiste de l’Italie sur son coeur de métier. Mais 2010 et 2011 semblent sonner l’heure de la reprise. À la liste des perdants, il faut ajouter Kuoni France, déficitaire pour la troisième fois seulement en 35 ans, avec une perte nette de 300 000 E contre un bénéfice de 5,5 ME un an auparavant. « Vu la conjoncture, je dirais que c’est normal, commentait Emmanuel Foiry, président de Kuoni France. Nous avions déjà vécu cette situation en 1975 et en 2001, avec un résultat net similaire. » Le résultat d’exploitation s’est établi à 2 ME (10,1 ME en 2008), le taux de rentabilité passant de 3,9 % à 1 %. Une bonne claque cependant, qui a d’autant plus validé la nécessité d’une remise à plat de l’organisation du groupe en cours d’achèvement. Asia, STI, Hurtigruten (impérial en 2008) ont aussi marqué le pas. Tous annoncent des performances à la hausse en 2010. Mais si 2009 a bousculé la plupart des entreprises, certaines ont continué à prospérer, leurs résultats se contractant tout juste, quand ils ne progressaient pas. Marmara, champion du meilleur prix, a plus que jamais fait mouche en cette période de crise. La filiale de TUI Travel a encore dégagé 13,6 ME de résultat net et même 21,7 ME d’Ebita (résultat d’exploitation hors amortissements) soit 4,5 ME de mieux qu’en 2008. Dans le top 10, Go Voyages, Look et Fram ont de même engrangé des bénéfices substantiels, tout comme le groupe Voyageurs, dont les deux métiers de spécialiste de l’aventure et des voyages à la carte sont toujours aussi porteurs, même si le haut de gamme a souffert.

LES HABITUÉS AUX PLACES D’HONNEUR

Si les taux de rentabilité se sont tassés (48 sociétés ont une rentabilité égale ou supérieure à 2 %), on notera que les habitués des belles performances sont toujours aux places d’honneur, à l’exception de Capitales Tours qui n’a pas souhaité communiquer ses résultats. D’Amplitravel (4,38 %) à Vie Sauvage (5,56 %), de Crystal TO (2,87 %) à La Route des Indes (4,41 %), on retrouve le profil gagnant des entreprises qui prennent des risques ou hyperspécialistes. Autoproclamé futur champion de la rentabilité, Thomas Cook France tire quant à lui en effet son épingle du jeu. Son résultat d’exploitation (Ebit) s’est élevé à 33,4 ME (contre 21,9 ME en 2008), soit un confortable ratio de 5 % quand il était de… 0,3 % en 2006. « Nous serons cette année le leader en terme de profitabilité du marché », annonçait en septembre dernier Denis Wathier, président de TC France. Rendez-vous l’an prochain pour le verdict…

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