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Où en est le tourisme égyptien ?

La destination a perdu près de 40% de sa fréquentation entre 2010 et 2013. L'absence des Français sur les bords du Nil a entraîné une forte hausse du chômage.

Le ministre du tourisme égyptien, Hisham Zaazou, de passage à Paris le 17 janvier, s'est montré optimiste sur l'avenir du pays, saluant la mise en place d'une nouvelle constitution, plus laïque, et l'amélioration constante de la sécurité. « Ces progrès, cela veut dire plus de business à venir » a-t-il expliqué.

Mais le bilan du tourisme égyptien, en 2013, est encore plus mauvais qu'au lendemain de la révolution. D'après les chiffres du ministère, le pays aurait accueilli 9 millions de touristes l'an dernier, une baisse de près de 20% par rapport à 2012 et de près de 40% par rapport à 2010. Les revenus ont baissé du même ordre de grandeur. Le marché français, en repli de 40% en 2013, contre 17% sur l'ensemble des clientèles européennes, est le plus touché. Même les touristes Russes (-5%) ou Allemands (-24%), qui ont permis à la destination de rebondir en 2012, paraissent échaudés.

L'impact sur l'économie égyptienne, considérable, n'est toutefois pas facile à quantifier. Sur les 4 millions d'emplois liés au tourisme comptabilisés en 2010, la baisse des revenus de 40% devrait avoir mécaniquement mis 1,6 million de personnes au chômage. « Il n'y a pas de chiffres officiels mais ce serait plutôt 500 000 emplois perdus depuis 2010 », estime Hisham Zaazou.

 

Le cas complexe du Nil

 

%%HORSTEXTE:1%%La situation est particulièrement compliquée sur les bords du Nil, avec la quasi-disparition des Français, qui assuraient près de la moitié des séjours. Malgré une légère reprise, le taux d'occupation de beaucoup d'hôtels n'a pas dépassé les 30%, et seuls 10% des bateaux de croisières, soit moins d'une trentaine, sont en service. De plus, la fréquentation des sites de la Haute-Égypte, comme Louxor, aurait baissé de 70%. Or, comme le précise Hisham Zaazou, le tourisme sur les bords du Nil « fait travailler beaucoup plus de gens que les hôtels de la mer Rouge, avec nombre de petits métiers ».

À Louxor et Assouan, on compte ainsi environ 1 500 personnes proposant des balades en calèche. Leurs revenus, environ 200 € par mois avant la révolution, ont chuté à presque rien. Une aide de 700 000 $ aurait été débloquée pour eux, selon Hisham Zaazou, qui raconte : « lors d'un déplacement un caléchier est venu me voir pour me dire : " Il n'y a plus de business. Comment je fais pour nourrir mes enfants ? Mon cheval ?" ». D'autres corporations, comme les chauffeurs de taxis, les guides ou encore les marchands dans les souks, qui ne croisent que quelques dizaines de touristes les meilleurs jours, ont les mêmes difficultés. C'est pourquoi le retour des touristes européens, et surtout des Français, est très attendu.

Source : Ministère du tourisme égyptien

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