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Nicolas Kremer (Parc Astérix) : « Nous devrons rassurer notre public »

L’un des parcs de loisirs les plus fréquentés de France n’a pas pu ouvrir ses portes, comme prévu, au début du mois d’avril. Nicolas Kremer, le directeur général du Parc Astérix, nous explique comment se prépare la reprise.

L’Echo touristique : Lorsque les mesures de confinement ont été annoncées, le Parc Astérix était sur le point de rouvrir ses portes…

Nicolas Kremer : Oui, la nouvelle est tombée au plus mauvais moment pour nous. Même si nous sentions la pression monter depuis le début du mois de mars, déjà parce que nous sommes situés dans l’Oise, qui a accueilli l’un des premiers foyers épidémiques de Covid-19 en France. C’est également un mois pendant lequel nous avons une grosse activité MICE, même si nous ne sommes pas ouverts au public. Nous avons donc rapidement été confrontés aux interdictions de rassemblement sur le parc. Mais nous avions déjà entamé la montée en puissance du parc. Sortir les attractions de leur hivernage, c’est un très gros travail, et nous avons décidé d’aller au bout ce de travail. La contrepartie, c’est que nous sommes désormais obligés de les faire tourner à vide plusieurs fois par semaine, pour des questions de maintenance. Nous avons aussi suspendu de nombreux contrats de prestation (sécurité, espaces verts, …) que nous ne sommes pas en mesure de payer pour le moment, faute de recettes. Nous ne nous sommes autorisés qu’une chose : profiter de cette pause forcée pour embellir le parc et faire des petits travaux de maçonnerie, de peinture, … Mais nous avons été obligés de mettre une bonne partie du parc à l’arrêt, et 90% de nos effectifs sont désormais au chômage partiel. Nous avons maintenu une équipe de maintenance, une équipe au siège et une équipe au call-center, pour gérer les reports.

De nombreux clients étaient concernés ?

Nicolas Kremer : Oui, et notamment au mois d’avril, où nos hôtels affichaient quasiment complets. C’est donc notre call-center qui gère les demandes de reports et d’annulation pour les individuels, et de changements de dates pour les groupes (le Parc Astérix accueille de nombreux comités d’entreprises lors de soirées privatisées en mai et en juin, ndlr). Ça a été un vrai casse-tête, mais nos clients comprennent la situation. Et nous ont montré leur envie de venir, dès que possible, au Parc Astérix.

Nicolas Kremer
© Parc Astérix

Quand espérez-vous la réouverture du parc ?

Nicolas Kremer : Le plus tôt possible, évidemment ! Mais la sécurité de nos visiteurs et de nos salariés est primordiale. Nous savons donc qu’à la reprise, nous ne pourrons pas opérer le parc comme avant. Nous avons recréé le parcours standard d’un visiteur, à partir du moment où il sort de sa voiture, sur le parking, jusqu’au moment où il y revient, à la fin de sa journée. Nous avons repensé tous les dispositifs sanitaires, aux contrôles des sacs, dans les files d’attentes, dans les restaurants, … et nous avons réalisé le même exercice pour le parcours de nos salariés. Cela nous a amené à prendre plusieurs décisions concrètes, et à faire l’impasse sur certains de nos spectacles, défilés ou événements, qui n’auront malheureusement pas lieu cette année. Nous sommes en train de peaufiner ce plan de réouverture, en attendant les dernières consignes gouvernementales. Nous pouvons déployer ce plan en une dizaine de jours. Dès lors, nous serons prêts pour la réouverture.

Vous pensez que le public sera important ou frileux, à la réouverture ?

Nicolas Kremer : Cela sera à nous de rassurer notre public, en expliquant quelles dispositions nous avons pris pour assurer leur sécurité… tout en leur garantissant des conditions de visites excellentes. Ce qui fait le succès des parcs de loisirs, c’est la possibilité de partager des émotions, en famille, dans un endroit sécurisé et proche de son domicile. C’est tout à fait le profil de notre clientèle, dont 75% vivent en Île-de-France ou dans le Nord de la France, et peuvent donc accéder au parc dans un rayon de 100 kilomètres ou presque. Nous devrons leur montrer, en utilisant la communication par exemple, que le Parc Astérix peut être le lieu d’évasion proche de chez eux qu’ils cherchent pour cet été. Nous avons une petite carte à jouer, à condition de ne pas être obligés de garder le parc fermé… ce qui serait catastrophique.

L’épisode actuel va-t-il impacter le plan de développement ambitieux du Parc Astérix ?

Nicolas Kremer : Malheureusement, oui, il sera ralenti. Nous allons avoir un énorme trou dans notre trésorerie, d’ici à la fin de l’année. Nous devrons limiter la casse. Mais nous avons la chance d’appartenir à la Compagnie des Alpes, qui est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, ce qui nous aidera à dégager de la trésorerie. Mais ces pertes, qui seront sûrement abyssales, vont nous obliger à diminuer les lourds investissements que nous avions prévus. Nous travaillons sur plusieurs scénarios, mais, à date, nous devrions décaler notre plan de développement d’un an pour compenser ces pertes ».

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