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Moyen-Orient

2010 a été une année faste avec des croissances exponentielles enregistrées par l’Égypte, la Jordanie, Oman ou Israël. Abu Dhabi a confirmé ses prétentions et Dubaï sa convalescence.

C’est un record ! En 2010, l’Égypte a rayonné sur le marché français en frôlant les 600 000 touristes en provenance de l’hexagone. Un cru exceptionnel après le trou d’air de 2009 endeuillé par l’attentat du Caire en janvier. À 599 603 visiteurs français, le pays des pharaons fait même mieux qu’en 2008, année de référence. Pour les voyagistes de l’association de tour-opérateurs/Ceto, ce retour en grâce s’est traduit par des ventes de forfaits en hausse de 10 % à 272 372 pax, conférant à l’Égypte la troisième marche sur le podium des destinations préférées des Français derrière la Tunisie et le Maroc. « Le pays a profité en 2010 de l’effet dollar avec des prix revus à la baisse », analyse René-Marc Chikli, président du Ceto.

MARMARA, LEADER DU MARCHÉ EN ÉGYPTE

C’est Marmara, leader incontesté qui a réalisé la plus belle performance avec 120 304 clients soit un bond de 30 % par rapport à l’année précédente, ce qui le rapproche de 2005, année record, avec 124 000 clients. Si le TO a repassé la barre des 100 000 clients, c’est qu’il a été dopé par l’effet Mer Rouge en bénéficiant notamment de la disparition de Mille et Un Soleils. Très actif sur Taba, qui a constitué son principal relais de croissance, Marmara revendiquait l’an dernier 43,2 % de parts de marché en Égypte contre 35,5 % en 2009.

Face à cette envolée spectaculaire, ses concurrents se sont contentés au mieux de stagner (Fram), voire ont régressé (STI, NF, Look, Kuoni). Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est Vacances Transat qui après deux saisons s’est fait une place au soleil avec une progression de 23 % par rapport à l’exercice 2008-2009. Ces belles performances ont fait naître des vocations avec des nouveaux venus pour l’hiver 2010-2011 (Aya, Transeurope…) et surtout des offensives remarquées ainsi Thomas Cook France. Las, la révolution politique de février dernier a stoppé net les ambitions de tous les compétiteurs. À l’instar de la Tunisie, l’Égypte est aujourd’hui au plus bas, tablant sur une reprise qui semble encore bien hypothétique en cet hiver 2011-2012. Pénalisée par le printemps arabe, la Jordanie l’est aussi alors que le royaume avait battu comme l’Égypte des records en 2010. Peu de destination moyen-courrier peuvent en effet se targuer d’avoir affiché une croissance de la fréquentation française de 59 %. Ce score (85 300 touristes contre 53 600 en 2009), qui ravit à la Grande-Bretagne son titre de premier marché émetteur, a été atteint grâce à l’attrait grandissant pour une destination culturelle très accessible mais aussi le dynamisme d’opérateurs de plus en plus motivés à l’instar de Plein vent ou Top of Travel qui récoltent les fruits de leurs engagements aériens. Top a ainsi progressé de 60 % entre 2009 et 2010. Pas étonnant que de nouvelles vocations se soient fait jour ainsi Travel Europe/Visit Europe qui comptait bien surfer en 2011 sur le succès de la Jordanie mais en a été, comme d’autres, pour ses frais.

OMAN TOUJOURS EN PERCÉE

Les manifestations dans les rues d’Amman, au lendemain de la révolution tunisienne, ont donné l’impression que la Jordanie pouvait, après l’Égypte, elle aussi basculer dans la révolte. Il n’en est rien mais la fréquentation touristique a été stoppée d’un coup, au grand désespoir des TO. Même punition pour la Syrie où la situation est objectivement bien plus tendue. Le pays avait pourtant en 2010 dans le sillage de la Jordanie réalisé une jolie percée. Plus paisible et à l’écart des troubles actuels, le Sultanat d’Oman a confirmé en 2010 qu’il était devenu une valeur sûre (+34 % de touristes français) même si les ventes restent assez confidentielles chez les TO. 2010 a également été une année d’expansion pour le Liban qui, certes, revenait de loin après les troubles de 2008, tout comme pour Israël qui a battu les records de 2008 pour la fréquentation internationale. Alors qu’Abu Dhabi continue de faire le forcing pour émerger comme destination touristique culturelle de référence (le Louvre et le Guggenheim y ouvriront en 2013), Dubaï, très éprouvée par la crise financière, a retrouvé des couleurs l’an dernier.

Le Yémen et la Libye sont, en revanche, au point mort et risquent de le rester durablement vu les événements de ce début d’année 2011.

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