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Méditerranée

Le Maroc et la Tunisie restent les valeurs sûres du bassin Méditerranéen, avec un beau retour de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Mais la Croatie s’essouffle.

Le Maroc superstar ! Si l’on devait décerner une palme touristique pour l’année 2006, c’est sans conteste le royaume chérifien qui l’emporterait, tant la destination a comblé les voyagistes français l’an dernier. En tête des ventes moyen-courrier des membres de l’association de tour-opérateurs/Ceto, avec 577 012 forfaits (+9,3 %), le Maroc est devenu incontournable en brochures. Effet de mode (Marrakech, terriblement tendance), nouvelles infrastructures hôtelières et, surtout, ouverture du ciel (avec une desserte à la hausse et des prix à la baisse)… la recette fait des miracles.

Marmara, à lui seul, frôle les 300 000 clients (soit 30 % de mieux qu’en 2005 !), le groupe Nouvelles Frontières gagne près de 17 000 voyageurs, Thomas Cook 10 000 et Look en séduit 6 000 de plus. Il n’y a guère que Fram qui s’affiche en retrait, avec 116 000 clients contre 125 000 en 2005, victime à l’évidence d’une concurrence acharnée et de l’arrivée de nouveaux opérateurs. Le TO dispose cependant de quelques beaux jokers pour reprendre l’avantage et notamment de son futur Framissima Les Jardins de L’Agdal, dont l’ouverture à Marrakech est annoncée pour le printemps 2008.

Reste que l’euphorie de 2006 est un peu retombée et que le Maroc a été plus à la peine que d’habitude ces derniers mois, notamment en ventes de forfaits. Sans doute la montée en puissance des low cost qui pousse les clients à se débrouiller seuls, assortie d’une saturation normale mais aussi – plus inquiétante – qui se double d’une crainte diffuse du terrorisme et d’une montée de l’islamisme, très relayée par les médias. Les autorités conservent toutefois leurs projets ambitieux, avec un objectif de 10 millions de touristes à l’horizon 2010, le marché français restant une priorité. Et les TO jouent cet hiver plus que jamais la carte de la flexibilité et des voyages à la carte, à l’image de Marmara, qui pousse la formule dans sa nouvelle brochure.

La Tunisie s’en est aussi tiré avec les honneurs. Certes, elle est reléguée derrière le Maroc, mais les performances sont bonnes. Les membres du Ceto n’ont pas eu à se plaindre l’an dernier, avec des ventes de forfaits en hausse de 7,6 % (541 808 clients) et quelques bonds remarquables : Thomas Cook progresse de 35,8 %, Mille et Un Soleils de 48,9 % ou encore Look Voyages de 52,9 %. Le TO malin a encore fait des étincelles cet été et la Tunisie est même devenue sa première destination, devant la Grèce. Le récent rachat du voyagiste Amplitude par sa maison mère (groupe Transat) promet de belles batailles sur la destination, Thalasso n°1 et Mille et Un Soleils venant eux aussi d’unir leurs forces. Sans oublier le duo Club Med/Jet tours. Derrière Marmara, un numéro 2 et un numéro 3 de taille sont donc désormais en ordre de marche. Avis à Fram, qui s’est contenté de stagner l’année dernière.

La Croatie paye sa gourmandise

Les autres grands classiques du bassin méditerranéen – Espagne, Italie, Portugal et Grèce – ont confirmé leur statut de valeurs sûres en 2006, même si les îles espagnoles continuent de jouer au Yo-yo. Après une reprise sensible en 2005, les Baléares comme les Canaries ont en effet souffert l’an dernier, même si les TO du Ceto s’affichent en hausse de 6 %. Fram perd néanmoins quelques milliers de clients, quand Nouvelles Frontières tarde à concrétiser ses grands projets pour les Baléares. L’arrivée de Marmara sur la destination depuis le printemps dernier va bousculer le marché. Le TO annonce de bons résultats pour une première saison, aux alentours de 30 000 clients, conformes aux objectifs. De quoi titiller ses concurrents.

La vraie déception de l’an dernier est toutefois venue de la Croatie. La star des étés précédents a perdu de son éclat, avec un recul de 15 % de la fréquentation française (recul limité à 1,7 % chez les TO). Effet de mode émoussé, mais aussi inflation des tarifs hôteliers pour des infrastructures souvent moyennes ont détourné la clientèle. Seuls les voyagistes maîtrisant très bien la destination, avec des stocks et de vrais engagements hôteliers comme Plein Vent ou Top of Travel (qui double quasiment son nombre de clients) ont tiré leur épingle du jeu. La fréquentation semble s’être stabilisée en 2007, mais les TO ne sont plus aussi euphoriques qu’il y a deux ou trois saisons.

Des pays en pénitence

La déconvenue est encore pire pour Chypre, qui n’arrive décidément pas à s’imposer dans le coeur des touristes français. Repartie à la hausse en 2005, l’île d’Aphrodite s’est écroulée l’an dernier, et les TO n’ont pas de quoi pavoiser. Même les plus convaincus, comme Mille et Un Soleils, Top of Travel ou STI Voyages, n’ont pas cassé la baraque. Jet tours a déserté le pays, fermant son Eldorador, et les efforts de l’OT (pourtant très actif) ne semblent pas inverser la tendance. Malte est, elle aussi, en pénitence. Après une baisse de 5 % en 2005, l’archipel a encore chuté de 12 % en 2006, peinant comme Chypre à séduire, malgré son récent statut de pays européen. Et ce alors même que de nouveaux opérateurs (STI ou Euro Pauli) y avaient des velléités. Ils ont dû se contenter de quelques centaines de clients.

Au triste palmarès des perdants, enfin, la Turquie a une fois encore payé son tribut l’an dernier, habituée aux crises. Les ventes de forfaits dans le pays ont baissé de 26,4 %. Les TO déplorent notamment la défiance et la frilosité des agences envers la destination, laquelle se vend beaucoup mieux en direct et sur le Net. La reprise semble toutefois au rendez-vous, et ce n’est que justice pour un pays si bien doté touristiquement.

A Chypre, même les plus convaincus ne cassent pas la baraque. Malte peine aussi à séduire malgré son statut de pays européen.

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