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Méditerranée

La Tunisie et la Turquie retrouvent des couleurs, le Maroc et la Croatie confirment leur succès. A l’inverse, l’Espagne et la Grèce accusent le coup.

L’année 2004 a marqué le retour en forme de la Méditerranée. Au moins pour des destinations sinistrées comme la Turquie, injustement rayée de la carte touristique en 2003 pour cause de guerre en Irak. Leader incontesté, Marmara a regagné quelque 40 000 clients, et les généralistes ont repris du terrain. Une tendance confirmée en 2005, avec des programmations Turquie étoffées, de nouveaux opérateurs comme Elégances et un regain d’intérêt de la clientèle en circuits et en balnéaire. Même les attentats de l’été, il est vrai peu médiatisés, ne semblent pas avoir freiné la croissance. Mais on note un absent de poids dans notre palmarès, Maxi, liquidé il y a quelques semaines et dont les chiffres 2004 ne nous ont pas été communiqués.

Autre retour très remarqué, celui de la Tunisie, qui a retrouvé les faveurs des Français. La barre du million de touristes en provenance de l’Hexagone a de nouveau été franchie, comme en 2001, avec une remarquable croissance de 22,4 %. C’est une sacrée bouffée d’oxygène pour les tour-opérateurs. Djerba a concentré les plus gros investissements et tiré la reprise. Etapes Nouvelles y a inauguré un gigantesque complexe de plus de 1000 chambres, le Dar Djerba, et mis en place un véritable pont aérien qui explique l’envolée de ses ventes (182 523 clients), laissant Fram loin derrière (78 000 passagers). Le TO toulousain s’est aussi donné les moyens de rebondir, avec la prise en gestion de l’hôtel Quatre Saisons et l’ouverture cet hiver d’un quatrième Framissima tunisien, le Thalassa Shalimar, à Hammamet.

La Tunisie joue la thalasso

Depuis le début de l’année, la Tunisie a poursuivi son envolée, grâce en partie à un positionnement plus haut de gamme, symbolisé par les nombreux centres de thalassothérapie sur les côtes. Le pays table sur 6,5 millions de visiteurs internationaux en 2005. Rien qu’au cours des cinq premiers mois, le marché français a progressé de 21%.

La Tunisie reste pourtant un cran en dessous du Maroc. Pour la seconde année, le royaume chérifien lui a raflé la palme, avec 1 167 088 touristes français et une croissance du marché hexagonal de 27,4 %. Rien ne semble devoir arrêter l’ascension du Maroc, la destination connaissant un engouement sans précédent. Et les nouvelles stations en construction, qui ouvriront au cours des prochaines années, devraient contribuer à développer un tourisme balnéaire encore sous-exploité.

La Croatie monte toujours

Marrakech, très mode, caracole en tête des ventes. 2005 sera une année historique en termes de nuitées, annoncent déjà les autorités touristiques du Maroc. De quoi atteindre l’objectif de 6 millions de touristes étrangers cette année et battre tous les records sur le marché français, premier émetteur pour le royaume chérifien. Mais les TO devront néanmoins compter avec une concurrence de plus en plus féroce et l’arrivée de nouveaux spécialistes, comme Donatello.

L’autre grande vedette de l’an dernier a été la Croatie, qui affiche la plus belle envolée de la zone (+ 78 %). L’attrait pour le pays ne se dément pas et fournit aux tour-opérateurs un beau relais de croissance. C’est vrai pour Marsans-Transtours ou encore Plein Vent, qui ont misé (et investi) avec succès sur la destination montante en multipliant les affrètements et en prenant des établissements en gestion. Le succès est toujours aussi vif en 2005. La Croatie a en effet enregistré 5,2 millions de touristes entre janvier et juillet, soit une hausse de 7 % par rapport aux sept premiers mois de 2004. Niko Bulic, directeur de l’Office de tourisme national, assure que le nombre de touristes continuera à augmenter jusqu’en 2010. Reste au pays à s’équiper en infrastructures hôtelières et à éviter un dérapage des prix.

Les records de la Croatie ont sans doute pesé sur les habituels poids lourds du bassin Méditerranéen. 2004 a été décevante pour l’Espagne, l’Italie et surtout la Grèce, qui misait pourtant beaucoup avec les Jeux olympiques. Mais la compétition a eu au contraire un effet repoussoir. Aucune statistique n’est disponible (les Grecs ont décidé de changer leur méthode comptable aux frontières !), mais c’est une contre-performance ressentie par tous les tour-opérateurs, même si Héliades communique des chiffres en légère hausse. 2005 devrait être meilleur. Nous espérons retrouver au moins la fréquentation de 2003 pour le marché français, indique Ana Iliokratidou, directrice de l’Office de tourisme grec à Paris.

A noter que Chypre s’en est mieux sortie, dopée par son entrée dans l’Union européenne et des opérateurs actifs comme Mille et Un Soleils, Top of Travel ou Jet tours. Mais l’île est coutumière des croissances en dents de scie.

L’Espagne et l’Italie ont quant à elles marqué le pas. La faute à l’euro, ont dit les voyagistes, et à des prestations renchéries. De plus en plus de clients préfèrent aussi se débrouiller seuls. Les Baléares (- 6 % et 11 000 clients en moins chez Fram) et les Canaries sont en recul. Pas sûr que ces destinations se redressent cette année, même si Fram annonce deux nouveaux Framissima, en Andalousie et à Ibiza. En tout cas, la déconfiture de l’Espagne et de ses îles chez les TO a accentué les regroupements et justifié en partie le rachat récent de Mundicolor par Marsans, bien décidé à reprendre la main sur sa destination historique.

Chypre, dopée par son entrée dans l’Union européenne et des opérateurs actifs, devra confirmer sa réussite

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