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Licence, pour quoi faire?

La licence d’agent de voyages est-elle suffisante pour protéger le consommateur ? C’est en substance la dernière polémique qui agite la profession depuis qu’Afat Voyages a organisé un débat sur le sujet, afin de rebondir sur la proposition de la ministre de l’Economie Christine Lagarde d’ouvrir plus largement la profession.

Un sujet que n’a pas manqué de reprendre au vol Richard Vainopoulos, le fougueux président de Tourcom, qui a trouvé là l’occasion d’engager une joute verbale avec Jean-Pierre Mas, patron d’Afat Voyages. Un affrontement qui prend des allures passionnées, peut-être parce que les présidents des deux réseaux volontaires se disputent les dernières agences indépendantes de France!

De là à y voir une dérive électoraliste, il n’y a qu’un pas… Au-delà des passions, le débat mérite d’être posé. D’autant plus qu’il est unique à l’Hexagone. Dans les autres pays européens, l’accès à la profession (même s’il est aussi réglementé) est déconnecté de la protection du consommateur, comme le rappelait récemment dans nos colonnes Michel de Blust, secrétaire général du groupement européen des unions nationales d’agences de voyages.

Car on peut être diplômé d’une école de gestion ou simplement commerçant et être tout à fait compétent pour vendre des voyages, pour peu qu’une garantie protège au final le client. À l’inverse, dans le passé, on a vu bien souvent des patrons revendiquer une réelle expertise, ou un diplôme dans le tourisme, et planter leur entreprise, et avec elle des voyageurs au bout du monde.

Bref, ce n’est pas en défendant la licence telle qu’elle est aujourd’hui que l’on améliorera l’image des agences et que l’on protégera mieux les clients. C’est au contraire en définissant de nouvelles règles, permettant à des personnes compétentes, passionnées et bourrées de talents, d’accéder aussi à ce métier.

Pour peu qu’elles soient soumises aux mêmes obligations et contraintes. Et ce n’est qu’avec ces nouvelles forces vives que le tourisme pourra relever les défis de demain, face à l’inéluctable montée en puissance d’internet et à la mondialisation. Et non en s’enfermant dans un corporatisme sclérosant…

Thierry Beaurepère, rédacteur en chef

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