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Les voyagistes ont fait de la résistance

La crise a frappé de plein fouet en 2009, pénalisant l’activité et compressant toujours un peu plus les marges, mais les tour-opérateurs ont géré en bons pères de famille et plutôt bien résisté.

L’exercice 2009-2010 qui se termine ce 31 octobre devrait permettre à de nombreuses entreprises de tourner la page, du moins l’espèrent-elles, de deux années de crise inédite. À cette occasion, L’Écho touristique publie les résultats du cru 2008-2009. Un exercice instructif. En effet, ce palmarès, avec un an de décalage pour une collecte significative, livre une photographie qui révèle, en filigrane, les forces et faiblesses des acteurs, tout en rassurant, au global, sur leur capacité de résistance. Fruit d’un partenariat avec l’Observatoire des entreprises/Coface Services, ce classement exclusif présente les performances de 216 entreprises de tourisme, à partir d’une extraction des informations financières déposées aux greffes des tribunaux de commerce. Nous nous sommes concentrés sur les codes NAF 7911Z et 7912Z (les entreprises déclarant une activité d’agences de voyage ou de voyagiste) pour une comparaison la plus pertinente possible, avec quelques exceptions pour inclure des sociétés comme Pierre et Vacances, Odalys ou Belambra, acteurs représentatifs du secteur. L’exercice 2008-2009 n’a pas épargné les voyagistes, les données du baromètre annuel de l’Association de tour-opérateurs-Ceto le confirment, mais au final le tableau n’est pas si noir. Au cours de l’exercice commercial 1er novembre 2008-31 octobre 2009, qui correspond pour la plupart des entreprises à leur exercice statutaire (même si certaines cloturent au 31 décembre), les membres du Ceto ont enregistré leurs plus mauvais résultats depuis une décennie. Les ventes de forfaits ont dévissé de 7,2 % à 4 644 721 clients. La recette unitaire moyenne s’est établie à 924 E (-2,5 %) pour un volume d’affaire de 4,292 MdsE, en baisse de 9,5 %. Du jamais vu. Et de quoi donc s’attendre au pire à l’examen des bilans.

L’HÉCATOMBE A ÉTÉ ÉVITÉE

Si l’on s’en tient au résultat net (la perte ou le bénéfice, toutes charges déduites, c’est-à-dire l’enrichissement ou l’appauvrissement de l’entreprise au cours de l’exercice) comme L’Écho touristique le fait chaque année, l’impact de la crise est très fort. « Mais la détérioration du résultat net n’est pas fatale si l’exploitation reste positive. L’essentiel est qu’elle n’aille pas de pair avec une dégradation de la trésorerie. C’est là que la situation deviendrait grave », explique Lydwine Alexandre Spizzichino, senior manager chez KPMG, qui a réalisé pour le Ceto la troisième édition de l’étude sur les ratios financiers du tour-opérating français. En prenant en compte l’Ebitda (la différence entre la marge brute et les coûts de distribution et de structure) l’analyse des ratios montre une bonne capacité de résistance. « Les TO ont réussi, en 2009 et malgré la crise économique, en conservant des niveaux de prix similaires à ceux de l’année précédente et en maîtrisant leurs coûts de production, à stabiliser leur marge brute à 18 % du CA contre 18,1 % en 2008 », remarque KPMG. Quelques défaillances (Iberica, CTS..) se sont produites, annonçant celles un peu plus retentissantes de 2010 (Marsans, Nosylis, Inexco, Tourmonde), des rachats, tel celui d’APVF par Travel Europe, sont intervenus fort à propos, et les écarts se sont creusés entre les grands groupes à même de générer des économies d’échelle et les PME fragilisées par une crise longue, mais 2009 n’a pas provoqué d’hécatombe. Et en haut de tableau, certains affichent même une belle santé, de Go Voyages à Marmara en passant par Thomas Cook qui, fort de l’intégration de Jet tours, revendique une part de marché de 13 % du tour-opérating en France et se proclame « en 2010 le leader en terme de profitabilité ».