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Les voyagistes espèrent des jours meilleurs

La plupart des TO n’ont pas été à la fête, fragilisés par des ventes médiocres et des destinations majeures à la peine. Le tout dans un contexte économique morose.

Le palmarès financier des voyagistes réalisé par L’Echo touristique est le fruit d’un partenariat avec l’Observatoire des entreprises/Coface Services. Grâce à la base de données fournie par cet organisme (à partir des déclarations par les entreprises auprès des tribunaux de commerce), et à travers des recoupements avec les chiffres que nous ont déclaré les TO, nous avons validé les résultats financiers de la plupart des voyagistes français. Les chiffres concernent l’exercice 2005-2006, clos pour l’essentiel des opérateurs au 31 octobre ou au 31 décembre 2006.

Après l’embellie de 2005, 2006 ne restera pas dans les annales comme un grand cru. C’est même une année à oublier… Pas d’événements catastrophiques majeurs à déplorer mais, pour expliquer les résultats à la baisse de beaucoup, une accumulation de tuiles. Chikungunya à la Réunion, déplorable affaire des passeports qui a détourné les Français des Etats-Unis, purgatoire prolongé pour l’Egypte et la Turquie, guerre au Liban, guérilla au Sri Lanka et surtout, Coupe du monde de football dont les conséquences sur les ventes de l’été ont été mal anticipées… le tout sur fond de pouvoir d’achat en berne. De nombreux ménages (en particulier les classes moyennes) ont du coup rogné sur leur budget voyages.

Des situations contrastées, sur un fond de morosité

Logiquement, les ventes de forfaits (surtout en moyen-courrier) ont accusé le coup l’an dernier, comme le confirme l’Association de tour-opérateurs/Ceto, avec un recul de 1,2 % (le premier depuis 2003), contre +6,5 % en 2005. Certes, cette baisse en volume a été compensée par une hausse de chiffre d’affaires (+3,4 %) pour les membres du Ceto. Mais pas de quoi pavoiser, une partie de cette progression étant due à la hausse des taxes aériennes et surcharges carburant.

Les 220 voyagistes de notre classement sont dans cette tendance tristounette. Leur chiffre d’affaires global a stagné (+0,8 %) mais surtout, la rentabilité s’est détériorée, avec une quarantaine d’entreprises dans le rouge (le double de 2005) et des ratios à la baisse pour la plupart. Les situations restent néanmoins contrastées, en fonction des positionnements et des axes programmés.

Rien que dans le haut du tableau, on constate les dégâts de 2006, à l’image de Nouvelles Frontières, très affecté par le chikungunya. Le groupe ne communique pas son résultat net mais ses pertes opérationnelles sont plus que conséquentes : 30 ME à cause du moustique qui a plombé l’activité de Corsairfly, auxquels s’ajoutent les charges liées au plan social chez la compagnie et à la refonte du système de réservation de NF. Touraventure SA, raison sociale de l’activité tour-operating du groupe NF, a déclaré au greffe 726 ME de chiffre d’affaires et… 65 ME de pertes. Bref, de quoi justifier la recapitalisation de 160 ME décidée par TUI pour remettre à flot sa filiale française.

Même contre-performance chez Fram, pour qui 2006 se solde par une régression, après un sursaut en 2005. En baisse de 4 %, le chiffre d’affaires de la seule activité TO passe sous les 400 ME. Le directoire mis en place fin 2006 avec, à sa tête, Antoine Cachin, fait toutefois preuve d’optimisme. Objectif : retrouver les 600 000 clients de 2000 d’ici 2010 . Fram, comme beaucoup, a été pénalisé par les déboires de l’Egypte, boudée par les Français. Une désaffection (avec celle de la Turquie) qui a coûté quelque 50 ME de chiffre d’affaires à Marmara, lequel n’a pas atteint comme prévu le million de clients (920 000 en 2006 contre 950 000 en 2005). Le TO a toutefois prouvé sa capacité à encaisser les coups durs et la solidité de son modèle. Son résultat net a certes diminué, mais demeure le meilleur de la profession, à 10,6 ME.

Des résistances exemplaires

Ce contexte difficile n’a toutefois pas empêché Look Voyages de confirmer son rétablissement, avec un franc retour aux bénéfices. Le TO est même en avance sur son business plan. Dans une moindre mesure, le Club Med et sa filiale Jet tours se sont bien tirés de l’exercice, tout comme Kuoni qui, s’il affiche un chiffre d’affaires en très légère baisse, a encore réussi, l’année de son centenaire, à enregistrer une progression de son résultat (4,7 ME, +2,1 %). Une performance quand on sait que deux de ses destinations phares (les Etats-Unis et l’Egypte) se sont écroulées. Même résistance exemplaire pour Vacances Transat ou Donatello.

Enfin, Asia s’est tiré avec les honneurs du cru 2006, tout comme Go Voyages (un habitué) et Voyageurs du Monde, lequel peut se féliciter d’un triptyque gagnant : deux types de voyages (sur mesure et d’aventure), un positionnement dans l’air du temps, et une distribution directe en adéquation.

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