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Les tour-opérateurs s’en tirent la tête haute

L’année 2005 n’a pas été facile mais les TO s’en sortent plutôt bien. Une éclaircie bienvenue mais de courte durée, car 2006 ne les a pas ménagés.

Le palmarès financier de L’Echo touristique est devenu un rendez-vous attendu. Depuis plus de 15 ans, nous collectons les bilans financiers des voyagistes français pour offrir une photographie unique du secteur et de ses évolutions. L’exercice est long et difficile, mais la synthèse toujours intéressante.

Cette année encore, nous avons travaillé à partir des données fournies par les entreprises, validées auprès des greffes des tribunaux de commerce (en collaboration avec Coface ORT). Ces chiffres concernent l’exercice 2005, clos pour la plupart des TO au 31 octobre ou au 31 décembre 2005, et pour certains au 31 mars 2006. Ce qui explique que ce palmarès ne soit publié que fin 2006.

Une bonne maîtrise des aléas

2005 a confirmé la reprise, qui reste néanmoins fragile. L’année a connu son lot de catastrophes et de difficultés (conséquences du tsunami, attentats en Egypte, crashs aériens, cyclones, grippe aviaire…), sur fond de morosité économique et de renchérissement du coût du carburant. Mais, dans l’ensemble, les TO s’en sortent plutôt bien, tant en chiffre d’affaires qu’en résultats, preuve qu’ils ont appris à gérer les événements extérieurs et à maîtriser leurs coûts.

Le baromètre annuel de l’Association de tour-opérateurs/Ceto fait ainsi apparaître pour l’exercice (1er novembre-31 octobre) une progression de 6,5 % des ventes de forfaits. Logiquement, cette performance se traduit par une croissance du chiffre d’affaires du secteur. En cumulé, celui des 210 entreprises de notre classement 2005 affiche une progression de 7,5 % par rapport à 2004, à périmètre sensiblement équivalent.

Bien sûr, les entreprises ont connu des fortunes diverses suivant leur positionnement et programmations et les performances, notamment celles de la saison estivale, ont souvent été en-deçà des espérances. Mais au global, tous les TO, et en particulier les spécialistes du long-courrier, plus chahutés que les autres (en Asie, au Mexique), s’en tirent la tête haute. Ainsi, Kuoni a contenu la baisse de son chiffre d’affaires et amélioré son résultat. Même belle performance pour Asia, qui a réussi à progresser de 5 % malgré un premier semestre pénalisé par le tsunami.

La même réussite couronne deux modèles économiques opposés

En haut de tableau, validant sa stratégie de montée en gamme, le Club Méditerranée a renoué, de justesse, avec les bénéfices, tandis que Nouvelles Frontières a replongé dans le rouge. La perte de 40 MEprend néanmoins en compte une charge exceptionnelle de 37 MEliée au renouvellement de la flotte de sa filiale Corsair. La hausse du prix du pétrole a impacté la consommation de voyages et a dégradé nos marges car nous n’avons pas pu répercuter totalement les augmentations successives, remarque Jean-Marc Siano, président du directoire du groupe. Mauvaise année également pour Marsans, qui perd 1,7 ME, plombé par de lourds engagements aériens.

En revanche, cette conjoncture défavorable n’a pas empêché les rétablissements de Fram, repassé au vert après deux exercices déficitaires (le résultat net consolidé, incluant l’activité distribution, s’élève à 6,56 ME contre une perte de 17 ME en 2004) et surtout de Look Voyages. C’est une des plus belles performances de ce palmarès. Certes, le chiffre d’affaires est en forte baisse (pour cause d’activité vols secs stoppée) mais ce recentrage sur son coeur de métier et un management dynamique ont permis au TO de quasiment retrouver l’équilibre, et cela avec un an d’avance sur ses objectifs. Look devrait annoncer des résultats bénéficiaires pour 2006.

Côté réussite encore, celle de Marmara est indiscutable. Le voyagiste gagne trois rangs et occupe désormais la troisième place, devant Fram. Il se présente comme le premier TO français en vente de forfaits, avec un record de 950 000 passagers. Ses progressions exponentielles sur le Maroc, la Tunisie et l’Egypte valident la pertinence de son modèle industriel et de son positionnement d’entrée de gamme, même si 2006 sera plus difficile.

A l’autre extrême, la stratégie de montée en gamme de Jet tours fait aussi ses preuves. La filiale du Club Med a confirmé son retour aux bénéfices en 2005 avec, de plus, une progression de son chiffre d’affaires non négligeable dans un contexte difficile. Même satisfecit pour Voyageurs et pour Go Voyages. Il faut remarquer aussi les résultats conformes aux objectifs des TO du groupe Thomas Cook (+11 %) qui prouvent que Thomas Cook, Neckermann et Aquatour ont trouvé leur place, au détriment de certains de leurs concurrents.

Enfin, au chapitre des grosses déconvenues, il convient de noter la contre-performance de Switch qui affiche une perte de 2 ME, la première en 10 années de croissance ininterrompue et de bénéfices records.

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