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Les TO français ont résisté à la tempête

Les voyagistes français ont affronté l’année dernière une conjonction d’événements défavorables. Mais ils ont prouvé une fois de plus leur grande capacité d’adaptation et de résistance.

La configuration du pire ! Guerre en Irak, épidémie de pneumonie atypique (Sras), menaces terroristes… le tout sur fond de conjoncture économique déprimée. 2003 n’a pas épargné les professionnels du tourisme français et mis à rude épreuve leurs capacités d’adaptation et de résistance. Déjà affaiblis par un exercice 2002 périlleux et perturbés par les mutations structurelles du secteur (montée en puissance d’Internet, des compagnies low cost…), les voyagistes avaient parié sur une reprise en 2003. L’année est loin d’avoir comblé tous leurs espoirs, mais restera, malgré tout, un cru honorable.

Pour la huitième année, L’Echo touristique s’est penché sur le bilan des voyagistes français. Les chiffres que nous avons obtenus auprès des intéressés ont été validés chaque fois que possible auprès des greffes des tribunaux de commerce (grâce à la base de données d’ORT). Ils concernent l’exercice 2003, clos pour la plupart des opérateurs au 31 octobre ou au 31 décembre. Les deux tiers des voyagistes de notre palmarès ont réussi à afficher un chiffre d’affaires en hausse l’an dernier. Certes, la croissance est limitée (+1,86 % en moyenne, pour 190 en-treprises répertoriées) mais la performance est à saluer. Quelques-uns, en haut du classement, comme Marsans/Transtours (+56,4 %), Marmara/Etapes Nouvelles (+18,6 %) ou encore Go Voyages (+17,7 %), ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu. Ils ont su profiter de destinations porteuses et/ou d’un modèle vertueux de développement. Car au global, l’activité a été tirée vers le bas. D’après les statistiques de l’Association des tour-opérateurs (Ceto), les ventes de forfaits ont en effet baissé en 2003 (en nombre de clients), pour la troisième année consécutive, de l’ordre de 5 %.

Pas de grosse faillite et quelques belles performances

Aucune faillite spectaculaire n’est pourtant à déplorer (Nuances du Monde, Siciltours ou HB voyages sont parmi les rares sinistrés de l’exercice) et les TO sont même parvenus à préserver leur rentabilité. 31 entreprises seulement ont terminé l’exercice dans le rouge en 2003 (contre 24 en 2002). Une résistance à mettre au crédit de chefs d’entreprise avisés, qui ont su réduire les coûts (en rognant notamment sur les frais généraux, les dépenses de publicité et de marketing), rationaliser leurs productions, et au final optimiser leur budget. Mais cette résistance s’est aussi traduite parfois par des réductions d’effectifs.

Certes, le secteur dégage toujours aussi peu de profits et le taux de rentabilité est à peine de 1 %. Mais là encore, quelques belles performances sont à remarquer. Ainsi Donatello, Voyageurs du Monde ou encore Marmara/Etapes Nouvelles ac-croissent très nettement leurs bénéfices tandis que d’autres, comme Asia, pourtant bien malmené l’an dernier, Vacances Transat ou Kuoni, continuent à afficher de solides gains.

Fram crée la (mauvaise) surprise de ce palmarès

Plus malheureux, Look Voyages paie lourdement les dégâts d’erreurs de positionnement et les déconvenues de son département vols secs (avec des pertes multipliées par trois). Vacillant aussi, Fram crée la vraie surprise de ce palmarès avec, pour la première fois de son histoire, un déficit de 10 ME que le TO attribue à une mauvaise politique de couverture en dollars. C’est un accident, assure le PDG Georges Colson, qui insiste sur la solidité financière de l’entreprise et ses 141 ME de capitaux propres. Reste que le symbole est de taille : longtemps champion de la rentabilité, Fram est, à l’image du secteur, fragilisé.

Le Club Med n’est, quant à lui, toujours pas tiré d’affaire, avec des pertes qui se sont encore alourdies. Même si Henri Giscard d’Estaing, président du directoire, estime qu’avec une baisse de chiffre d’affaires limitée et un résultat d’exploitation contenu à -6 ME, la marque au trident a plutôt bien résisté. Sa filiale Jet tours s’en sort avec les honneurs et, pour la première fois depuis 1999, elle affiche un résultat d’exploitation positif (1 ME). La perte nette a été ramenée à 33 000 E (contre -2,2 ME en 2002), preuve que le TO a retrouvé une dynamique vertueuse.

C’est aussi le cas du groupe Nouvelles Frontières qui, non content d’avoir créé l’événement en lançant sa nouvelle marque TUI France en septembre 2003, a terminé l’exercice avec un ré-sultat positif, avant taxes et impôts. Un redressement confirmé en 2004 puisque malgré une année plus difficile que prévue, le groupe devrait encore dégager 20 MEde profits.

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