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Les courts séjours ont encore de beaux jours

Le contexte : Malgré la conjoncture économique défavorable, la vente de courts séjours reste assez soutenue, y compris en agences de voyages, et de Paris comme de province.Les acteurs : Les agences en ligne vendent du week-end en packages dynamiques, tandis que les centrales hôtelières sont toujours plus actives. Mais les TO « classiques » n’ont pas désarmé.L’enjeu : Pour faire la différence et rester dans la course, les voyagistes spéciali

Revoilà le joli mois de mai et ses week-ends à rallonge ! Le calendrier 2010 n’est guère généreux, qui fait tomber cette année les ler et 8 mai un samedi et pénalise donc les viaducs de saison. Mais il y a toujours les derniers jours de congés à solder et le jeudi de l’Ascension, fidèle au poste, pour donner des idées d’évasion. La crise n’a, semble-t-il, pas ralenti la tendance. Vu la conjoncture, les courts séjours semblaient pourtant les premiers menacés, la variable d’ajustement de budgets voyages revus à la baisse. À écouter les professionnels, il n’en est rien et la demande est restée assez soutenue en 2009. Selon l’étude annuelle* réalisée par le cabinet Raffour Interactif, le taux de départ en courts séjours marchands a chuté à 26 % l’année dernière, comparé aux 28 % de 2008 et surtout aux 32 % de 2007. « Cela correspond tout de même à 3,1 millions de Français qui ont renoncé à s’offrir ce type de séjour en deux ans, note Guy Raffour, mais la fréquence des départs est restée stable. » Le nombre moyen de courts séjours marchands consommés par les adeptes de la formule s’est en effet maintenu à 2 en 2009. Et si les déplacements en voiture, qui représentent 80 % des courts déplacements, ont été pénalisés par le coût du carburant et se sont comprimés, il semble que les escapades plus lointaines, en avion ou en train, qui constituent le fonds de commerce des professionnels du tourisme, ont mieux résisté. Elles ont été stimulées par la concurrence, qui a tiré les prix vers le bas, et les formules low cost, de plus en plus nombreuses. « Notre chiffre d’affaires pour les ventes de packages dynamiques de moins d’une semaine a progressé de 20 % l’an dernier », confirme Pierre Schreiber, directeur général adjoint en charge du tour-opérating chez Go Voyages. Certes, le nombre de passagers a stagné mais le prix moyen du forfait a augmenté, du fait notamment de la part croissante de long-courriers effectués en courts séjours. Ainsi New York ou Dubaï sont devenues des destinations très courues pour quelques jours, même si au hit-parade, Marrakech, Rome, Barcelone ou Prague occupent toujours les premières places et tirent encore la croissance de Go ce printemps, à + 20 %. « Les compagnies aériennes ont maintenu, voire diminué leurs prix depuis un an, ce qui a accru l’accessibilité tarifaire et mis le long-courrier quasiment au niveau du moyen-courrier, explique Pierre Schreiber. La crise a favorisé et généralisé la tendance sur tous les axes. Transporteurs et hôteliers, plutôt que d’avoir sièges et lits vides ont multiplié les promotions que nous savons très bien répercuter. Notre agilité technologique, qui nous rend très réactifs, est parfaitement adaptée à cette conjoncture de crise. » Dans la même dynamique, les Expedia, lastminute et autres Voyages-scnf.com ont aussi surfé sur l’aubaine et dopé leurs ventes.

DES ENGAGEMENTS FERMES

Si à ce jeu, les agences en ligne sont clairement en phase avec les nouveaux comportements zappeurs et opportunistes des consommateurs, les opérateurs plus classiques n’ont pas déclaré forfait. Leurs bonnes performances le prouvent. Ainsi Boomerang, le spécialiste du court séjour filiale du groupe NG Travel, annonce à fin mars une progression de 48 % de ses ventes par rapport à la même période l’année dernière. « Nous avons fait prendre un nouveau départ à la marque, explique Olivier Kervella, PDG de NG Travel, en embauchant des commerciaux et avec notre référencement dans le Top 14 d’AS Voyages. » Mais le tour-opérateur BtoB fait surtout armes égales avec les agences en ligne grâce à un moteur de forfait dynamique très performant, qui agrège vols et hôtels en temps réel. « Et nous sortons des prix compétitifs par rapport aux acteurs Internet, insiste Olivier Kervella, ce qui n’était pas le cas il y a deux ou trois ans. » Pour y parvenir, Boomerang qui a automatisé le processus de réservation, réduisant au maximum les coûts de production, n’hésite pas à prendre des engagements fermes avec des hôteliers et rogne aussi sur sa marge, tout en maintenant les taux de commission. « Je ne croyais pas trop à ce segment de produit mais il se révèle intéressant et surtout très fidélisant pour les agences qui peuvent satisfaire une clientèle friande de courts séjours ».

L’EFFICACITÉ TECHNOLOGIQUE

« Si nous pouvons leur offrir des prix similaires à ceux des sites Internet, les clients préfèrent passer par une agence avec le service et la réassurance d’un forfait acheté à un TO », confirme Isabelle Leconte, de l’agence Athalia Selectour à Vannes. Également très à la pointe, Transeurope est de même satisfait de l’évolution de ses ventes. Il vient de clore son exercice 2009-2010 avec un chiffre d’affaires en progression de 7 %, à 5,55 ME. Une belle performance que le spécialiste des Balades citadines à Paris et en Europe attribue à la valeur ajoutée apportée aux agences. « Nous rebondissons sur l’actualité et notamment les grandes expositions européennes, des offres que les clients ne trouvent pas en direct sur Internet », remarque Benoît Thépenier, directeur commercial du TO. Une réactivité, assortie d’une efficacité technologique avec un site BtoB performant, qui séduisent de plus en plus les distributeurs, de Fnac Voyages à Galeries Lafayette Voyages (pour lequel Transeurope a concocté la brochure Capitales mode). Le spécialiste multiplie ainsi les partenariats et opérations spéciales, comme avec Carrefour Voyages l’année dernière. « Nos ventes ont augmenté de 31 % dans le réseau, grâce un forfait spécial Londres en Eurostar », témoigne Benoît Thépenier. Pour rester dans le coup, Transeurope ne relâche pas la pression technologique. Il lancera fin mai une nouvelle solution « de dernière minute ». Les réservations hôtelières, avec des prix actualisés en temps réel, seront possibles jusqu’à J-1 sur une sélection d’une vingtaine d’établissements par ville. « La disponibilité en temps réel, c’est le nerf de la guerre pour les courts séjours, confirme Isabelle Leconte. Le problème avec de nombreux TO, ce sont les request. On ne peut pas se permettre d’attendre 72 heures une confirmation hôtelière ou aérienne. Sur ce type de voyage, le client est volatil et il lui faut une réponse immédiate. » « Ce que nous ne savons pas faire », reconnaît Sylvie Nahon, directrice commerciale de Visit Europe, pionnier des courts séjours dans les années 1980 qui n’est toujours pas passé au forfait dynamique. Mais le TO, qui bénéficie maintenant des affrètements et achats de Travel Europe, sa nouvelle maison mère, réussit malgré tout à tirer son épingle du jeu avec ses week-ends spéciaux, pour les réveillons et les ponts. La formule des coffrets cadeaux appliquée aux escapades France fait aussi recette et a redynamisé les ventes. « Pour le reste, les forfaits basiques avion + hôtel stagnent », constate Sylvie Nahon. « Nous préférons travailler en direct avec les centrales hôtelières, Transhotel, Boscolo, Chase et TravelCube référencés par Selectour, et nous débrouiller pour les vols », explique Isabelle Leconte.

PROPOSER L’OFFRE DES LOW COST

Créé il y a deux ans et demi, le portail Escapades.to d’Aérosun apporte une solution intéressante aux réseaux qui l’ont référencé (AS Voyages dans son Top 14, Carlson Wagonlit…). Le moteur de recherche, développé spécialement pour le TO, grâce à un gros investissement, agrège une offre hôtelière très large grâce à des accords avec les centrales et la totalité des compagnies aériennes… y compris les low cost. « Nous sommes en connectivité Internet avec toutes les low cost ce qui nous permet de piocher dans leurs stocks et d’assurer la réservation de bout en bout, y compris le règlement par Carte bleue, souvent complexe », explique Fabrice Margot, responsable commercial. Un plus qui fait recette. « C’est valorisant pour les agences de pouvoir proposer les low cost à leurs clients et des prix attractifs à l’instar d’Internet ». Pour le mois de mai, Aérosun totalise déjà 200 dossiers de plus qu’en 2009. Comme quoi avec ou sans pont, en matière de court séjour, l’innovation fait la loi.

* Enquête réalisée en janvier/ février 2010 auprès de 1 100 personnes représentatives de la population française de 15 ans et plus, en face à face à domicile, selon la méthode des quotas croisés.

La demande est restée assez soutenue en 2009

« La disponibilité en temps réel, c’est le nerf de la guerre »

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