Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Le tourisme mondial face à ses responsabilités

Pour la première fois depuis sa création, le Sommet mondial du tourisme et du voyage a porté le développement durable au coeur des débats.

Dans notre précédent numéro, Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du Monde, exprimait le voeu d’une prise de conscience par le tourisme de l’importance du développement durable. Ce thème était justement à l’ordre du jour du Sommet mondial du tourisme, organisé par le World Travel and Tourism Council (WTTC) à Lisbonne, du 10 au 12 mai. Pour la première fois lors d’un rendez-vous international, les dirigeants de multinationales du tourisme et des responsables politiques (ministres du Tourisme du Brésil, de Grèce…) ont évoqué les conséquences sur le changement climatique et sur les cultures locales de la croissance exponentielle du tourisme (10,3 % du PIB mondial et 4,2 % de progression annuelle).

Notre industrie doit être le chef de file du développement durable, de l’économie solidaire et responsable, a déclaré Jeff Clarke, PDG de Travelport (maison mère de Galileo). Sa société a permis au Sommet de racheter ses émissions de carbone, via l’association Sustainable Travel International, qui finance des projets écologiques.

Attentes fortes et… durables

La plupart des participants au sommet se sont accordés sur un constat : peu importe si le tourisme est responsable ou non de tous les maux dont on l’accuse. Une chose est sûre, les attentes des consommateurs en tourisme durable deviennent fortes et la tendance ne va pas s’inverser. Certains touristes refusent même de prendre l’avion. Si leur nombre est marginal, leur influence grandit, au point que l’hebdomadaire Newsweek a récemment fait sa une sur la tendance du Slow Travel (voyager plus lentement, mais aussi voyager moins). De quoi inciter les professionnels à réagir. Ralentir le voyage n’est pas une solution. Il faut innover, a rectifié Armin Meier, PDG de Kuoni. Les clients ne doivent pas se sentir coupables de prendre l’avion ! Il faut considérer que le voyage est une bonne chose. Je suis favorable au rachat des émissions de carbone ou à une loi interdisant les avions de plus de 20 ans. En revanche, je m’oppose aux taxes sur le transport aérien ou d’autres secteurs du tourisme, a ajouté Stelios Haji-Ioannou, PDG d’Easy Group.

Les décideurs semblent avoir compris que s’ils ne prennent pas les devants, ils encourent deux risques. Celui de voir les consommateurs se détourner de leurs produits et du voyage en général. Et surtout, celui de laisser les gouvernements leur imposer taxes ou quotas. Ce serait le comble pour une activité qui prône par essence le libre échange entre les pays.

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique