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Le Sénégal prend du plomb dans l’aile

La suspension des vols d’Air Sénégal International (ASI) écorne un peu plus la promotion touristique du pays, qui peine à valoriser son beau potentiel nature et culture.

Le Sénégal le répète à l’envi. Il veut sortir de sa monoculture balnéaire et devenir une destination plurielle. À cinq heures de Paris, Saly et la Petite-Côte restent des valeurs sûres, mais le pays a plus à offrir que cette carte postale. Saint-Louis, au nord, et surtout la Casamance, au sud, sont deux pépites que le dynamisme d’Air Sénégal International (ASI) avait contribué à valoriser ces dernières années, avec l’ouverture de vols directs au départ de Paris. Las ! Les déboires de la compagnie aérienne nationale, engluée dans un conflit d’actionnariat avec Royal Air Maroc (RAM), qui cloue au sol ses avions depuis le 24 avril et pourrait se solder par un dépôt de bilan, risquent de ruiner tous les efforts accomplis. Au grand dam de certains TO, qui avaient misé sur un partenariat gagnant avec le transporteur régulier. « Le Sénégal, avec sa diversité, répond bien aux attentes de notre clientèle », note Fabrice Dabouineau, chef de produit chez Voyageurs du Monde (VDM). « Nous avons progressé de 50 % sur la destination cet hiver, avec près de 600 clients. Avec ses vols vers le Cap-Skirring notamment, Air Sénégal nous permettait de monter des itinéraires originaux. Nous appréciions ses rotations, ses horaires sympathiques, le bon service à bord et ses tarifs compétitifs. Heureusement, cette défaillance survient en fin de saison. » Brutale, elle a malgré tout mis VDM en difficulté, à l’instar d’Aircm ou de Royal Tours, autres voyagistes fidèles d’ASI. Jamel Touati, directeur général d’Aircm, premier TO français sur la Casamance, qui affrétait pendant toute la saison d’hiver 100 sièges par semaine sur Air Sénégal, regrette le manque total de concertation. « Il a fallu rapatrier les clients du Cap-Skirring vers Dakar, le premier week-end, par vol militaire affrété par le gouvernement sénégalais ; trouver ensuite des vols pour les reprotéger à destination de Paris. Certains ont embarqué vers Mulhouse sur le charter de Starter. J’ai annulé, par ailleurs, les rotations des quatre week-ends de mai et remboursé les clients qui devaient partir. Au bas mot, la facture s’élève à 200 000 E et je ne parle même pas du préjudice commercial. »

UN RENDEZ-VOUS MANQUÉ ?

Mehdi Chaoui, DG de Royal Tours, qui essaie de promouvoir un Sénégal autrement et a été l’un des premiers généralistes à reprogrammer la Casamance, il y a deux ans, chiffre, quant à lui, à quelque 30 000 E le coût de cette défection. Il a, comme VDM, reprotégé ses clients pour les départs à venir sur Air France. « Mais la desserte du Cap-Skirring en régulier est compromise. Or, la Casamance séduit de plus en plus une clientèle à haute contribution. Nous y avons réalisé, cet hiver, des dossiers bien plus intéressants qu’en Tunisie ou à Agadir. » Pas question, donc, d’abandonner cette programmation prometteuse, en espérant que des solutions aériennes seront mises en place d’ici la prochaine saison d’hiver. Go Voyages, dans tous les cas, reprogrammera son vol à destination du Cap, stoppé en février faute d’une fréquentation suffisante. Le broker, qui affiche complet en mai et juin sur ses deux vols vers Dakar, envisage d’ajouter une fréquence supplémentaire, en plus de la troisième prévue à cette période, en juillet-août. Reste que pour l’image du pays, déjà en déficit de promotion, et écornée par les prix élevés des taxes aériennes, les mésaventures d’ASI sont un nouveau coup dur. Pas de quoi encourager des TO, déjà frileux, à miser davantage sur une destination qui pourrait pourtant, en ces temps de crise, et de grippe, se poser en bonne alternative.

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