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L’ Irlande du Nord dans l’ombre du Sud

Un an après que l’IRA a déposé les armes, l’Irlande du Nord multiplie les projets. Si les low cost relient Belfast à la France, les TO continuent à programmer la région en combiné avec sa voisine.

Belfast, Belfast, le pays sonne le départ, et tu restes sur le quai, scandait le groupe Boney M dans les années 70, écoeuré par les attentats. Depuis, les choses ont heureusement changé. Cela va faire un an que l’IRA a déposé les armes, presque une décennie que la paix a été signée, et la capitale de l’Irlande du Nord vit un nouveau départ. Elle qui lança le Titanic jadis, se bouge et devient même branchée. Elle fut la première du Royaume-Uni à célébrer un mariage homosexuel ! Les républicains (partisans du rattachement à Dublin) montent musées et festivals avec leurs ennemis loyalistes (qui prônent le maintien dans le Royaume-Uni). Belfast Safaris fait même visiter aux touristes les quartiers protestants et catholiques, toujours ornés de fresques politiques, et les lieux d’assassinats historiques. Quant à la sinistre prison de Long Kesh-The Maze, où souffrirent des prisonniers des deux bords, elle va devenir un stade où le très british cricket côtoiera le hurling, sport cher aux Gaëls.

Une des premières bonnes idées a été de confier, depuis 2002, la promotion de l’Irlande du Nord (qui dépend toujours de Londres), à l’office de tourisme d’Irlande (émanation de Dublin). Nous n’envoyons plus que des brochures basiques, explique ainsi Sophie Etcheverry, du Visit Britain à Paris. La vraie documentation est désormais distribuée par les Irlandais, et je crois qu’ils le font bien. Les TO s’en réjouissent. Nous avions commencé ce rapprochement il y a 12 ans, rappelle Isabelle Amice, chez Gaéland Ashling, en refusant de couper le pays en deux. Avec le Donegal, l’Irlande du Nord offre d’ailleurs la plus belle côte. Une continuité que confirme Anne Zemmour, de l’OT irlandais à Paris : C’est la même clientèle que celle de la République, qui vient compléter sa connaissance de l’île.

Sur les 320 000 visiteurs français enregistrés par l’Irlande en 2005, 7 % ont fait une incursion dans la province britannique, mais ce pourcentage devrait être largement dépassé cette année, grâce notamment à Easyjet qui a lancé des vols pour Belfast depuis Nice et Paris. A défaut de commercialiser les low cost, les TO spécialistes de la destination voient néanmoins leur nombre de clients en Irlande du Nord tomber à 2,5 % du total. Et encore, tempère Catherine Lesseur, chef de produits de Celtic Tours. C’est surtout parce que nous vendons bien notre Grand Tour, qui combine les deux pays. Sur la quinzaine de TO (Bennett, Brittany Ferries, Celtic Tours, Gaéland…) qui proposent l’Irlande du Nord, aucun ne la vend d’ailleurs autrement qu’en combiné avec sa grande soeur du Sud.

Les idées reçues ont la vie dure

Pourtant, la contrée a des atouts : elle accepte plus volontiers l’euro que l’Angleterre, et son hôtellerie s’aligne sur celle du Sud, réputée plus confortable qu’au Royaume-Uni. Surtout, elle vaut le voyage à elle seule, avec la côte d’Antrim, son château de Dunluce et sa Chaussée des Géants (un pavement volcanique célèbre dans le monde entier) ; Derry est une des rares villes à conserver des fortifications complètes, et Belfast est de plus en plus vivante.

Les derniers obstacles restent les idées reçues, les images de quartiers pauvres et de guerre civile. Je ne crois pas à l’Irlande du Nord toute seule, affirme cependant Pierre Lumbroso chez Bennett, qui envisage de proposer un combiné avec l’Ecosse. Belfast sera bientôt une des capitales incontournables, prédit quant à elle Catherine Lesseur. Pour nous, la solution passe par une entrée par Dublin, à 150 km de Belfast. Il faut donc louer une voiture, mais elle permet de visiter tout le reste.

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