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L’Afrique du Sud tourne foot

Événement planétaire hautement médiatisé, la Coupe du monde de football ne fait pas bon ménage avec le tourisme. Mais les bénéfices attendus en termes d’image valent bien quelques sacrifices.

«Le monde arrive et nous sommes prêts » : c’est Jacob Zuma en personne qui l’a affirmé lors de la cérémonie d’ouverture de la 21e édition de l’Indaba à Durban. La présence exceptionnelle du président de la République d’Afrique du Sud illustre l’enjeu que l’organisation de la Coupe du monde de football, du 11 juin au 11 juillet, représente pour le pays : planétaire, la manifestation « doit inscrire l’Afrique du Sud sur la carte du monde pour les décennies à venir ». À un mois du coup d’envoi de la compétition, les travaux d’infrastructures – aéroports, stades, routes – sont achevés ; du côté de la billetterie, la Fédération internationale de football (FIFA) affirme que 95 % des rencontres de premier plan se joueront à guichets fermés. Au total, 2,85 millions de billets ont été mis en vente, dont 360 000 packages proposés aux supporters internationaux par quelques agences agréées. Mais, l’heure est au déstockage et aux petits arrangements entre amis : « La FIFA a bloqué les chambres des hôtels proches des stades pendant deux ans avant de les rendre il y a deux mois », témoigne un réceptif. Les prix excessifs, affichés il y a encore quelques semaines, ne sont donc plus de mise et chacun s’arrange pour répondre aux demandes de dernière minute… avec ou sans billets pour les rencontres. Du point de vue touristique, la manifestation n’est pas une bonne affaire mais ce n’est pas une surprise. Roshene Singh, directrice marketing de l’Office de tourisme sud africain a fait les comptes : en année normale, le pays accueille une moyenne de 600 000 visiteurs étrangers sur la période correspondant au Mondial. Quelque 300 000 supporters sont espérés. Philosophe, Roshene Singh estime que le déficit ponctuel sera compensé par une hausse de fréquentation par la suite, et que cela vaut bien quelques sacrifices. Les professionnels du tourisme sont dans le même état d’esprit : tour-opérateurs et réceptifs s’accordent pour constater que la Coupe du monde a, d’ores et déjà, eu un effet « plutôt pénalisant », mais temporisent car « c’est la basse saison » et « c’est formidable pour la promotion de la destination, à moyen terme ».

SE PRÉPARER À REBONDIR

Pour eux comme pour les équipes en charge du marketing du pays, la « Coupe du monde, c’est déjà du passé ». Le marché français, au cinquième rang avec 116 517 voyageurs en 2009 (- 8,9 % par rapport à 2008), s’avère particulièrement sensible à la conjoncture. Linda Sangaret, directrice France de l’Office de tourisme, souligne que les Français, « contrairement à d’autres clientèles, ne se déplacent pas pour des événements ». Les TO ont d’ailleurs déprogrammé leurs circuits pendant la période de la compétition, tandis que les ventes individuelles à la carte ont marqué le pas. Pour un mois, la destination est donc réservée aux aficionados du ballon rond, soit quelque 5 000 personnes au départ de l’Hexagone, pas forcément tous Français, les Algériens, par exemple, choisissant parfois de partir de France pour des questions de logique aérienne. En revanche, l’automne s’annonce « bon » chez la plupart des TO. Venus à l’Indaba faire leurs achats pour 2011, les professionnels du tourisme sont toutefois légèrement moins optimistes que les institutionnels sud-africains vis-à-vis de la fréquentation future, la récente réévaluation du rand face au dollar (de l’ordre de 35 %) se traduisant par une hausse sensible des prix.

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