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Guy Raffour : Sortir de l’UE et de l’euro nuirait au tourisme

En premier lieu, j’exprime ma profonde solidarité vis-à-vis des forces de sécurité qui protègent inlassablement nos libertés et notre démocratie au risque de leur vie, et témoigne de notre émotion et soutien vis-à-vis des familles de la victime et des blessés. Ces professionnels sont entièrement dévoués au service de notre pays et de nos valeurs. Nous les soutenons et les en remercions.  
L’élection présidentielle se déroule dans ce contexte de gravité. Notre vote exprimera un choix de société aux conséquences pour notre pays, l’Europe, le monde. Je vous invite à réfléchir à l’impact des propositions contenues dans les différents programmes. En effet, nous nous prononçons sur des enjeux majeurs : le maintien de notre cohésion sociale, de notre économie libérale régulée, de notre place dans l’Europe et dans le monde, du maintien des traités internationaux auxquels nous adhérons et sommes force de proposition, de l'Union Européenne dont nous sommes un pilier, de l’euro, de l'Otan, de nos valeurs des Lumières (ndlr dépasser l’obscurantisme et promouvoir les connaissances).

Nombre de candidats dépeignent notre pays de façon caricaturale pour servir leur souhait de remettre en cause nos fondements. A ce stade, rappelons que nous sommes la 5ème puissance mondiale, un des fondateurs de l'Union Européenne, possédons une influence internationale indiscutable étant un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, appartenons aux G7 et G20, possédons un positionnement géostratégique de premier plan avec nos territoires d’Outre-mer, la France est le 2ème pays au monde en surface maritime. Nous sommes le 7ème pays exportateur au monde, première destination touristique mondiale, la langue française est partagée a minima par 274 millions d'individus et nous portons dans le monde les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité. Mais  aussi d’art de vivre, de haute technologie, de start-up, de chercheurs et d’innovation, de gastronomie, de luxe, de littérature etc. Nous sommes un pays connu et reconnu. Et nous possédons un modèle social-libéral qui concilie liberté d’entreprendre et protection sociale.

30% des Français sont encore indécis. Or cette élection est un choix de société, d’autant plus impactant que nous sommes dans une situation internationale préoccupante après l'élection américaine, le début du Brexit (créant déjà des tensions territoriales et économiques), le conflit syrien, l’évolution de la Turquie, les tensions en Ukraine, en Corée du Nord, la crise migratoire, le terrorisme qui a encore frappé.

Il faut bien étudier, dans les mesures des candidats, celles pouvant provoquer des crises systémiques : sortie de l'Europe, de l'euro avec leur prévisible effet domino, fermeture des frontières, alignement sur d’autres alliances internationales rompant avec nos accords actuels.

Les Français doivent être éclairés sur les conséquences sur l’emploi de certains programmes car l’emploi est une de leurs principales préoccupations avec celle du pouvoir d’achat. Décourager les entreprises, augmenter leurs charges brusquement en leur faisant perdre en compétitivité, alourdir l’impôt, modifier les règles du commerce international par du protectionnisme, sortir de l’espace Schengen et de l’euro etc. Tout ceci ne peut qu’inciter à l’expatriation d'entreprises et des emplois, donc provoquer une hausse du chômage et de façon corrélée de son financement. Or l’année 2016 démontre un solde de création de 200 000 emplois dépassant l’augmentation de la population active et l’attractivité de la France pour les investisseurs étrangers est en augmentation continue.

Promettre des mesures sociales ou de retraite non finançables par de la richesse produite, ou en contradiction avec l’augmentation de l’espérance de vie, se traduirait par davantage de soumission aux marchés financiers car on s’endetterait au-delà des 2200 milliards déjà dus (97% du PIB) et à des taux plus élevés si on sortait de l’euro qui mutualise les risques, apporte la stabilité d’une monnaie internationale et une facilité dans les échanges. Si l’on sortait de l’euro, alors que nous sommes la 2ème puissance économique de cette zone, cela pourrait créer une crise financière et des fuites de capitaux. Rappelons que la zone euro est constituée de 19 pays représentant 339 millions d’habitants.

L'instabilité institutionnelle d’une sortie des traités, avec son cortège de longues et difficiles négociations et l’instabilité économique ainsi créées atténueraient considérablement les investissements intérieurs et extérieurs donc nuiraient à l’emploi. Nous assisterions à une expatriation de talents, à une baisse du pouvoir d'achat et de la valeur de nos propres économies avec une image dégradée par le repli. Et si on sortait de l’UE, nous perdrions l’accès au marché unique… Or c’est notre principal pourvoyeur d’échanges.
Et comment imaginer qu’il n’y ait pas de mesures de rétorsion à du protectionnisme ? Tous les pays seraient impactés par une guerre commerciale due à des décisions unilatérales et nos exportations en souffriraient.

Certains candidats évoquent des cas de délocalisations sans évoquer toutes les sociétés étrangères qui investissent, s’installent et produisent dans notre pays car nous faisons partie intégrante de l’Union européenne et à ce titre sommes attractifs, tout en possédant des infrastructures, un enseignement, un système de santé et de protection sociale de qualité, même si tout est perfectible. La qualité de vie dans notre pays est reconnue par ceux qui la vivent au quotidien. Et nous sommes parallèlement d’importants investisseurs à l’étranger de façon réciproque.

Nous sommes donc à un moment clef de notre histoire où il faut expliquer notre place dans le concert mondial, que fermer les frontières n’est pas la solution (des contrôles aux frontières, par contre, oui), qu'on ne peut dénoncer les traités unilatéralement puisque leur principe même est celui de concilier des intérêts convergents ou concurrents, que l'Union Européenne a garanti la paix après deux guerres mondiales entre pays européens.

L’Union européenne nous apporte collectivement et parce que sa dimension le permet, des avancées indispensables dans les programmes de protection de l’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique (à un moment où les Etats-Unis s’en détournent), de maintien de la biodiversité,  de régulation financière (suite notamment à la crise de 2008), de l’espace, d’aéronautique et ce dans l’économie, le tourisme, la recherche, le numérique, les droits de l’homme, l’aide humanitaire, le développement de continents défavorisés, la culture, les échanges comme Erasmus, la santé, le transport, la lutte contre la fraude fiscale…
Bien sûr, des améliorations sont à mettre en œuvre, notamment dans les équilibres fiscaux et sociaux, dans la mise au point de cycles décisionnels plus courts. Il faut redonner l’envie d’Europe et expliquer les mesures, leurs objectifs, les résultats obtenus, rendre l’UE plus lisible.

Et il nous faut considérablement accélérer nos moyens humains, techniques et financiers dans le domaine de la défense, de lutte contre le terrorisme, de cyberdéfense, de sécurité.

La France est renforcée dans l’UE qui nous aide à orienter, démocratiquement et selon les décisions des Etats souverains, les décisions de notre planète grâce à nos 27 pays membres représentant 490 millions d’individus, face à des puissances mondiales comme les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie.

L’Union Européenne a permis, de façon solidaire, à des pays de se développer, et par conséquent de maintenir leurs populations en leur sein, tout en permettant une fluidité des échanges qui se déroulent essentiellement entre pays de l’UE.

Et surtout l’UE nous oblige à nous entendre, à se respecter sur des valeurs universelles. Nous sommes tous forts de nos diversités. Nous avons gardé nos identités, mais accepté de vivre en harmonie avec nos voisins, en nous respectant et en prenant en compte ce qui peut améliorer notre vie quotidienne, notre prospérité et notre sécurité.

Il vaut mieux se parler franchement autour d’une table ou dans des négociations serr&eacute