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Europe centrale

Affectées par la crise, les destinations d’Europe centrale ont accusé le coup en 2009. Pour les tour-opérateurs, seule la Bulgarie permet d’engranger des volumes de clients importants.

République tchèque, Russie, Pologne, Bulgarie, Hongrie… Le classement de tête des destinations en Europe centrale n’a pas varié. Pour l’ensemble de la région, 2009 a été une année difficile, avec des fréquentations en recul de 9,7 % pour la Hongrie, de 8,2 % pour la Pologne, de 8,6 % pour la République tchèque et jusqu’à 26,5 % pour la Slovaquie. Les bonnes nouvelles arrivent cependant de Bulgarie (stable avec – 0,7 %) et du Monténégro (+ 1,7 %). La crise économique a pesé lourd sur l’activité touristique d’une région déjà pénalisée par plusieurs faiblesses : un marché très fragmenté en nombre de destinations, une production presque entièrement concentrée sur les week-ends et circuits culturels, et un trop faible engagement des offices nationaux du tourisme pour développer les images en France.

UN MARCHÉ POTENTIEL ENCORE RÉTRÉCI

Pour les tour-opérateurs, désormais habitués, le jeu s’est compliqué avec l’arrivée en force des compagnies low cost et des réservations hôtelières directes sur Internet, rétrécissant davantage encore le marché potentiel. Dans une région à faibles volumes pour les voyagistes classiques, les prestations packagées font le bonheur des acteurs Internet. Seule la Bulgarie, grâce à ses produits balnéaires, permet aux tour-opérateurs de créer du volume et un panier moyen plus élevé qu’un produit week-end : Look Voyages, Plein Vent, Thomas Cook y ont acheminé plus de 5 000 clients en 2009. Dans une moindre mesure, le Monténégro a, lui aussi, bénéficié de cette carte balnéaire pour accueillir un Lookéa, soit 1 666 clients avec un panier moyen de près de 1 000 E. Sur le marché français, la République tchèque reste une valeur sûre, avec une pléiade de tour-opérateurs qui se partagent un marché évalué à près de 225 000 touristes (- 4,6 %). Prague concentre toujours autant le marché, avec deux tiers des séjours des touristes internationaux, soit 3,8 millions de visiteurs. Le rachat de l’activité tour-opérating de Visit Europe permet à Travel Europe de progresser sur cette destination, passant de 21 000 à 22 200 clients. En Pologne, le nombre de visiteurs français est resté stable, une performance. Les tour-opérateurs comme Amslav en ont profité, en hausse de 10 % pour atteindre 1 117 clients. En Russie, le voyagiste affiche aussi une progression de 10 % à 3 610 touristes mais reste loin derrière les leaders, même si Inexco/Les Routes de l’Est n’a pas communiqué ses résultats. Dans ce classement des voyagistes, les places auront certainement évolué l’an prochain : la disparition de Marsans (12 322 000 clients en 2009) va entraîner une redistribution des cartes sur ce marché encore protégé des assauts des compagnies low cost, mais récemment déstabilisé par les incendies qui ont ravagé le pays pendant des semaines.

DES PLACES SONT À PRENDRE

Plus globalement, le marché français sur l’Europe centrale présentera un autre visage à l’heure du bilan de l’année 2010. Après le rachat de Pauli par Travel Europe en 2009 et la disparition récente de Marsans-Transtours, des places sont à prendre. Avec ses 25 000 clients français en portefeuille au total, le spécialiste était considéré comme un poids lourd régional. L’intérêt porté par Top of Travel ou Travel et Co (maison mère d’Australie Tours) pour reprendre la branche Transtours au moment de sa défaillance confirme que cette région, à deux heures d’avion de Paris, a bien des attraits à exploiter.

La République tchèque reste une valeur sûre, avec une pléiade de tour-opérateurs qui se partagent un marché évalué à près de 225 000 touristes