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Dubaï et Maurice s’accrochent à leur image élitiste

Les deux destinations ont construit leur réputation sur le luxe. Un modèle haut de gamme que la crise a ébranlé, sans le faire chavirer.

Géographiquement, un océan les sépare, mais touristiquement, Dubaï et l’île Maurice ont toutes les deux assis leur stratégie de développement sur le luxe. Or la crise a mis ce positionnement à l’épreuve. Pour stimuler la demande, la recette a été la même : vendre en promotion. À Dubaï, où les hôteliers ont toujours pratiqué un yield hyper réactif, cela a permis de soutenir la fréquentation mais n’a pas suffi à remplir les milliers de nouvelles chambres. Autrefois hors de prix faute d’offre suffisante pour satisfaire la demande, l’émirat est donc « revenu à des tarifs dans la norme d’autres destinations », commente Nathalie Bueno, directrice commerciale de Solea Vacances. « Cela équivaut simplement aux prix d’il y a deux ans, nuance Nouara Adrar, chef de produit Émirats chez Directours. Pour y faire un séjour, il faut toujours avoir de gros moyens. » L’émirat n’a donc rien renié de son élitisme. L’offre sur le segment loisirs demeure concentrée sur une quinzaine d’établissements balnéaires, tous 5*. « L’objectif est de ne pas s’ouvrir aux gammes inférieures, affirme Pascal Maigniez, le directeur de l’OT en France. Le challenge des années à venir sera plutôt de trouver des sources de clientèle loisirs pour remplir l’hôtellerie affaires durant l’été. » Des établissements business qui représentent 70 % du parc hôtelier dubaïote. « Sur ce segment, on trouve des 3* et 4*, mais ce sont des hôtels en ville et les clients ne vont pas à Dubaï pour être en ville », ajoute Nouara Adrar.

MALAISE SUR L’ÎLE MAURICE

La situation est, en revanche, différente à Maurice. Certes, l’offre de luxe continue à servir de vitrine à l’île, et la plupart des établissements récemment ouverts sont classés 5*. Mais le gouvernement a aussi choisi, ces dernières années, de démocratiser la destination. Le lancement des vols de Corsairfly, comme le développement de l’offre clubs et de l’hôtellerie de moyenne gamme, ont été des conséquences de cette ouverture. Et le message faisant la promotion, durant la crise, d’une île « accessible » allait dans le même sens : capter une clientèle jusqu’alors rebutée par les prix de la destination. Mais la diffusion d’un reportage sur M6, en février dernier, a créé le malaise, laissant penser que cette ouverture s’accompagnait d’une dégradation de la qualité. Marmara, dont l’hôtel club faisait partie des établissements filmés, a été rappelé à l’ordre par les autorités pour ses prestations, jugées insatisfaisantes. Alors que le TO annonce l’ouverture d’un second club pour 2011, l’affaire a encore du mal à passer. « J’ai hérité de la présence de Marmara à Maurice, je dois la gérer, confiait Nandho Bodha, le nouveau ministre du Tourisme de l’île, lors de Top Resa. Marmara doit s’adapter aux exigences mauriciennes, pas l’inverse. » Résultat : à l’heure où la crise s’éloigne, les autorités éludent discrètement le discours sur le caractère abordable de la destination et s’évertuent plus que jamais à rappeler la volonté d’excellence mauricienne. Un discours relayé aussi par Nathalie Bueno : « il y a des 3* affrétés, à la mode industrielle, à 900 E la semaine, mais il y a aussi des 3* exceptionnels où l’on vit pleinement l’expérience Maurice. » Reste à savoir comment évoluent les ventes. Si les TO positionnés sur le haut de gamme – tels Solea ou Tourinter -, ne constatent pas de déplacement des clients vers des gammes inférieures et assurent conserver des paniers moyens autour de 2 500 E, Go Voyages, axé sur les bas prix, mise presque tout sur les hôtels clubs pour développer ses ventes. L’an dernier, ils ont généré 70 % de son chiffre d’affaires vers Maurice.

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