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David, Cynthia, Claire et les autres…

Ils ont une vingtaine d’années, potassent pour être fin prêts à leur examen et vont se lancer dans quelques mois dans la vie active, BTS en poche. Comment se projettent-ils dans l’avenir ?

C’est en réservant un séjour en Tunisie dans une agence que Nicolas Bourgois, lycéen à l’époque, a trouvé sa voie : lui aussi allait devenir agent de voyages ! J’ai eu le déclic en assistant à la réservation de mon séjour. Ce travail relationnel avec le client, la façon qu’a eue le conseiller de me présenter la destination, m’ont convaincu. Il a réussi à me donner envie de partir, se souvient le jeune homme.

Dans quelques semaines, il passera son BTS Vente et production touristique (VPT) au lycée de Bazeilles (Ardennes) pour devenir à son tour conseiller en voyages. Ce qui me plaît dans ce métier, c’est sa polyvalence. Du début de la matinée jusqu’à la fin de la journée, il n’y a pas de temps mort. Le niveau de culture est impressionnant et les connaissances ne se limitent pas aux destinations, beaucoup d’autres éléments entrent en compte dans une vente, analyse le futur diplômé, qui espère très vite dénicher un travail.

Le spectre du chômage

Pourtant, Nicolas n’a pas encore trouvé d’employeur. J’aurais aimé poursuivre mes études en licence, mais cela m’oblige à partir à Paris ou Grenoble. Financièrement, je n’en ai pas les moyens. Vu la conjoncture difficile, si je trouve un job dès mon diplôme obtenu, je l’accepte. En priorité dans une agence faisant partie d’un réseau, la sécurité de l’emploi y est plus grande. Et avec une enseigne accrochée au fronton, il est plus facile d’être reconnu par les clients et les fournisseurs que pour un indépendant, analyse Nicolas avec aplomb.

Au-delà du prochain examen, sa préoccupation demeure le spectre du chômage. Comme chez tous les étudiants. Finalement, le CPE n’était peut-être pas une si mauvaise chose pour les jeunes qui bénéficient d’une formation professionnalisée. Il aurait pu faciliter l’embauche, mais il est vrai que sa forme était contestable, renchérit Nizar Khalsaoui, étudiant en deuxième année VPT à l’Institut privé (sous contrat) Sainte-Mariede-Chavagnes, à Cannes.

Attentif au marché du travail comme la plupart de ses camarades, Nizar pense que les agences constituent toujours un important vivier d’emplois. Pourtant, il espère orienter sa carrière vers le transport aérien car si le métier de conseiller en voyages est une étape obligatoire après un BTS Tourisme pour démarrer, il ne compte pas s’y attarder. Le métier est de plus en plus difficile, le salaire pas toujours à la hauteur de l’investissement personnel. Les stages m’ont ouvert les yeux et m’ont démontré que le métier ne consistait pas à tapoter sur son clavier pour effectuer une réservation. Et puis, avec la fin des commissions et la montée en puissance d’Internet, il est de plus en plus difficile de trouver la bonne solution quand on est entrepreneur, de se protéger de la concurrence, ajoute le jeune homme.

Pour trouver du travail, l’étudiant envisage même de quitter sa Côte d’Azur natale. Beaucoup de jeunes ne veulent pas bouger. Moi, je suis prêt à partir à l’étranger, de préférence dans un pays anglophone, précise Nizar. Ses origines tunisiennes et la maîtrise de la langue arabe auraient pourtant pu l’inciter à travailler en Tunisie. Non, le pays est trop marqué par les voyages à petits prix et pas assez exotique !

Le choix de l’alternance

Plus globalement, le goût des voyages, des cultures différentes, la relation humaine et les envies de rencontres sont les principaux moteurs de ces futurs conseillers en voyages, dont la moyenne d’âge dépasse rarement 22 ans. Mais paradoxalement, beaucoup ont encore du mal à se projeter dans l’avenir, et espèrent décrocher au plus vite un emploi dans une agence de voyages, avec pour ambition première la stabilité. Pour eux, l’expérience professionnelle prime sur les diplômes et ils n’entendent surtout pas suivre un long cursus, contrairement aux étudiants peu attirés par une carrière ordinaire en agence, qui poursuivront leurs études à l’université, en licence ou en maîtrise.

David Terrier (23 ans) et Claire Bussereau (20 ans) ont justement fait le choix de passer leur BTS en alternance, pour une approche plus professionnelle et une relation concrète avec le monde du travail dès le départ. La semaine se partage entre l’école et l’entreprise et le rythme est très soutenu. Mais c’est formateur. On apprend immédiatement la rigueur du travail, estime David, qui mène de front les cours au centre de formation Cap Vers à Nantes, et la pratique du terrain chez Aéro Charter Darta. Pour acquérir le vrai charisme du vendeur, qui fait toute sa valeur ajoutée, le jeune homme mise beaucoup sur les éductours.

L’importance des éductours

Claire, elle aussi étudiante à Cap Vers et qui passe son BTS en alternance chez Richou Voyages à Cholet a justement déjà effectué un voyage de repérages, à Marrakech. C’est à cette occasion que j’ai pris conscience de l’importance d’un éductour pour notre métier. C’est essentiel dans le cycle de formation continue. A l’origine, je pensais que notre métier nous faisait voyager, alors qu’il consiste surtout à faire voyager les autres !, plaisante la jeune femme, désireuse de faire évoluer au plus vite sa carrière. Pourquoi pas vers un poste de chef d’agence avec, au-delà de la vente, tous les aspects liés aux fonctions d’organisation et de management. Ou pourquoi pas la production, avec la conception de nouveaux produits.

En attendant, Claire Bussereau apprend à réagir face aux clients au sein de l’agence Richou. Les relations humaines ne sont pas toujours faciles à gérer. Ils voient que je suis plus jeune que mes collègues, et ils ne sont pas toujours rassurés. Au début, ça déstabilise un peu, il faut être capable de prendre du recul, reconnaît l’étudiante. Si elle réussit son BTS, elle devrait trouver un travail immédiatement dans l’agence, en CDD, pour remplacer une collègue en congé de maternité.

Le travail est plus facile dans un réseau

Fabienne Karageuzian (24 ans) en BTS VPT au lycée privé sous contrat Tezenas-du-Montcel (Saint-Etienne), l’un des plus réputés de France, préfère pour sa part retarder son entrée sur le marché du travail, afin de parfaire sa formation. Peut-être aussi par peur d’entrer dans un autre monde. Déjà diplômée d’un BTS commerce international, elle a passé quatre mois dans une école de langues, à Londres. Le BTS forme très bien à la vente. La suite logique, après le diplôme, serait de travailler en agence, d’autant que j’ai déjà fait plusieurs stages. Mais je n’ai pas eu l’impression de travailler concrètement une destination. On apprend les argumentaires pour bien vendre un pays étranger mais généralement, on n’entretient pas de contact direct avec lui. Ce qui m’intéresse, ce sont les échanges internationaux. Je m’oriente donc vers une troisième année de spécialisation, option forfaitiste, pour pouvoir ensuite travailler chez un TO spécialiste de l’Océanie. Car j’ai déjà voyagé en Australie, espère la jeune femme.

Un rêve qu’elle partage avec bien d’autres étudiants, qui souhaitent rejoindre le service production d’un grand TO, en particulier pour voyager. Mais les places sont chères. Malgré son niveau d’études supérieures, elle s’inquiète des difficultés pour accéder à un poste dans la production. Peut-être les TO préfèrent embaucher des étudiants diplômés en école de commerce, car ils sont mieux formés au marketing, redoute-t-elle.

Un avis que partage Cynthia Pfrunner. Attirée elle aussi par la fabrication de produits touristiques, l’étudiante en deuxième année de BTS VPT au lycée de Bazeilles envisage de poursuivre ses études, avec un mastère Tourisme et Loisirs (bac + 4). Pour obtenir un poste à responsabilités, il me faut des connaissances plus poussées en économie, en gestion et en marketing. Je veux aussi poursuivre la pratique de plusieurs langues étrangères, ce que ne permet pas le métier d’agent de voyages, considère la jeune femme.

Dans une agence indépendante puis au sein d’un point de ventes intégré Nouvelles Frontières, Cynthia Pfrunner a aussi découvert deux approches différentes du métier. Il est très difficile pour un indépendant de capter les clients. Sa principale liberté est de travailler avec les prestataires de son choix. Dans un réseau intégré, tout est standardisé, les repères sont immédiats. Le travail est donc plus facile, tant au niveau administratif que dans la relation clients. Du coup, il est plus facile de se concentrer sur son travail de conseiller, juge-t-elle.

Faire d’Internet un allié

Un constat qui prouve qu’à terme, les réseaux prendront le pas sur les indépendants, complète Florence Labit, étudiante à l’Esarc-Cefire, à Toulouse. Les gros TO vont aussi s’affirmer. Et dans la distribution, Internet est en train de modifier le métier en profondeur, il faut réfléchir à la manière d’en faire un allié pour développer ses ventes. Les indépendants qui résisteront à cette tornade seront capables de proposer des produits à la carte haut de gamme, ou des concepts particuliers, avec un vrai service, estime l’étudiante. Elle déplore aussi un manque de motivation chez certains agents de voyages qui ont trois ou quatre ans d’expérience. Ils n’ont pas un esprit de battant. Le métier de vendeur est en mal de reconnaissance, alors que nous sommes un intermédiaire important. Les frais d’agence sont là pour justifier la mise en avant du conseil, du service, la bonne gestion du dossier, poursuit-elle.

Certains veulent déjà créer leur entreprise

Joan Gonzalez, son camarade de promotion, voudrait justement faire partie de ceux qui aident les agences à mieux faire leur travail au quotidien, en rejoignant un TO. Son stage, effectué en janvier aux côtés du commercial de Boomerang à Toulouse, l’a convaincu que son avenir était dans cette branche. C’est un métier très mobile, où il faut être proche des agences, ouvert et à l’écoute. Entre gérer les litiges, pousser les ventes et récompenser les meilleures agences, c’est un poste clé. Le salaire est aussi plus important que dans une boutique, et il est plus facile d’évoluer dans la hiérarchie, estime le jeune homme, qui poursuivra ses études l’an prochain, en licence professionnelle de management commercial.

Travailler en agence ? Cette idée, les étudiants en BTS Animation et gestion touristique locales (AGTL) l’ont écarté dès le début de leurs études en choisissant cette option qui doit les conduire à travailler en offices de tourisme ou dans des métiers liés à l’accueil et au réceptif C’est le tourisme solidaire et équitable qui m’att

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