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Dans quelles conditions travaillez-vous ?

« Vous êtes certes en majorité « passés » aux 35 heures, mais avec la crise, vos horaires sont de plus en plus flexibles. »

Le travail dans une agence ? Pas simple. Vous êtes à la fois vendeur, conseiller, informateur… et technicien. Les réponses à notre questionnaire montrent une forte proportion de contrats à durée indéterminée (82 %).

La donne change aujourd’hui, car la plupart des contrats d’embauche sont désormais des contrats à durée déterminée, conjoncture oblige. Ils sont destinés à pourvoir aux remplacements de congés maternité ou de congés parentaux. Plus rarement parce qu’il y a un surcroît de travail. Au lendemain du 11 Septembre, le taux de CDD a grimpé à 15 %, pour ensuite redescendre au taux habituel de 8/10 %, explique Laurent Pevet chez Thomas Cook.

Mais 91% d’entre vous travaillent à temps complet. Ainsi, Fnac Voyages n’emploie que quatre personnes à temps partiel (sur un effectif de 45 personnes), Nouvelles Frontières 56, contre 630 à temps complet. Et la plus grande partie d’entre vous est passée aux 35 heures. Pionnier en la matière, Nouvelles Frontières propose cinq formules différentes, avec un, un et demi ou deux jours à prendre dans le mois.

Thomas Cook a également mis en place huit formules à la carte, redéfinies tous les ans par agence. Conséquence : vos horaires de travail sont de plus en plus flexibles en fonction des périodes de pointe. Enfin, 89 % d’entre vous travaillent le samedi (54,2 % tout le temps, 45,7 % de temps en temps). Mais vous ne vous en plaignez pas : dans le commerce, il est normal d’être présent lorsque les clients sont disponibles !

Des contraintes fortes

Le travail en fin de journée constitue toujours une contrainte forte : il faut émet-tre les billets, faire l’état de caisse avant de fermer l’agence. Et s’occuper du client qui arrive toujours au dernier moment. Les 35 heures n’ont pas tout résolu, d’autant qu’avec la crise, les effectifs ont été réduits au maximum. Bien au contraire. Les plannings sont toujours aussi difficiles à établir. Vous devez vous plier aux horaires du point de vente, qui lui-même s’adapte aux habitudes locales (fermeture le midi dans les petites villes, journée continue dans les galeries commerciales…). En fermant, par exemple, deux heures pour le déjeuner, alors que vous êtes trop loin de chez vous pour rentrer et qu’il n’y a aucun centre commercial pour vous occuper. A une grande majorité, vous faites une vraie pause à l’heure du déjeuner. Lorsque tout est fermé autour de l’agence, cela ne sert à rien de rester ouverts, commente Laurent Pevet chez Thomas Cook.

L’argent ne fait toujours pas le bonheur de l’agent de voyages et votre paie vous paraît bien maigre. Les conditions ne sont pas les mêmes dans un réseau ou dans une agence indépendante. Treizième mois, primes d’intéressement et avantages sociaux creusent le fossé. Combien gagnez-vous ? Vous mélangez salaire net et brut, oubliez primes d’intéressement et treizième mois, les divers avantages. Toutefois, 69 % d’entre vous déclarent gagner de 1 200 à 1 500 E par mois, et 90 % toucher un treizième mois.

C’est dans les réseaux que les salaires sont les mieux connus car ils sont établis pour être en conformité avec la loi, à partir du Smic, qui est le salaire de base. Chez Thomas Cook, l’embauche se fait pour un débutant à 1 174 E brut par mois pour un temps plein, sur la base de 39 heures payées pour 35 heures effectives. Au bout d’un an de présence, le salaire passe à 1 250 E brut. Le salaire de base moyen chez Nouvelles Frontières s’établit à 1 228 E brut. Quant à l’intéressement, il représente entre 6 et 9 % de la rémunération annuelle chez Thomas Cook, soit entre 800 et 1 000 E par an. Enfin, lorsque vous travaillez dans un réseau, divers avantages s’ajoutent à votre salaire : une mutuelle, des tickets-restaurant, un treizième mois. Ces avantages sont aussi accordés dans des agences indépendantes, mais moins systématiquement.

Vous n’aimez pas bouger

Dans l’ensemble, et c’est paradoxal pour des gens qui vendent des voyages, vous n’aimez pas bouger. Dans les réseaux, la mobilité permet de progresser au fur et à mesure que l’on acquiert de l’expérience. Mais vous hésitez à déménager. Nous trouvons facilement des volontaires qui acceptent de changer d’agence en région parisienne, mais nous avons du mal à pourvoir des postes en région. Il faut parfois recourir à un recrutement externe : cela a été le cas pour l’Alsace ou le nord de la France, commente Christine Maury, chez Nouvelles Frontières. Ils ont parfois une fausse vision de la province. Des volontaires partis sur la Côte d’Azur ont demandé au bout de quelques mois à revenir à Paris. Ils n’avaient pas imaginé qu’en dehors du plein été, où ce n’est pas drôle de travailler lorsque tout le monde est en vacances, il faut s’intégrer à une petite ville où tout le monde se connaît, raconte-t-elle.

Changer de ville et de vie

La mobilité est constante dans les grandes agglomérations, inexistante au niveau national, exceptionnelle au plan régional, renchérit Laurent Pevet, chez Thomas Cook. Logique : les enfants ont leur école et votre conjoint un travail dans la région. Augmenter sa rémunération de 20 % ne comble pas la difficulté de changer de ville et de vie, confirme Laurent Pevet.

Vous appréciez la bonne entente entre collègues, qui permet de mieux faire son travail, de reprendre au pied levé des dossiers, de répartir les tâches. Si l’équipe est solide, les ventes sont meilleures. Mais il suffit d’une absence, d’un jour de RTT pour que votre charmante collègue vous pique le dossier sur lequel vous aviez passé des heures et qui attendait une simple confirmation ou un chèque de complément. Des pratiques toutefois plus parisiennes que provinciales, selon vos dires.

La carotte des éductours

Vous trouvez aussi la hiérarchie souvent pesante, surtout en région parisienne. Et que dire des plateaux d’appels gérés par des cheftaines qui vous accordent tout juste le temps d’aller aux toilettes, rarement le droit de recevoir un appel téléphonique personnel et où il faut être au garde-à-vous sous peine de se faire remonter les bretelles.

Enfin, les éductours restent au final assez rares. La majorité d’entre vous n’a eu l’année dernière qu’une seule sortie : le Championnat de France des vendeurs de voyages de l’Echo touristique. Pour le reste, c’est la diète. Et, là aussi, la différence entre indépendants et réseaux s’accentue.

Si les départs sont soumis à l’acceptation des chefs d’agence, en fonction des plannings, les possibilités existent : C’est une carotte destinée à nous faire oublier qu’il n’y a aucun autre avantage maison, mais il arrive que ces absences soient décomptées sur nos congés. Vous trouvez ces éductours indispensables pour bien vendre une destination, surtout pour les débutants. Lorsque vous avez un peu d’expérience, vous préférez les voyages d’étude plus complets, permettant de parfaire votre métier. Mais vous n’acceptez pas que votre employeur les considère comme des vacances, même s’ils sont un vrai bol d’air dans votre quotidien.

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