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Caraïbes

Les grèves aux Antilles ont fait le malheur des tour-opérateurs, et les affaires de la République dominicaine. Mais les soubresauts du début de l’année 2010 ont encore rebattu les cartes…

L’année 2009 aura-t-elle été infernale pour les Caraïbes ? À observer les statistiques de l’Association des tour-opérateurs – Ceto, qui indiquent une baisse des ventes de voyages à forfaits vers la zone de « seulement » 9,3 % l’an dernier, soit un recul comparable à celui du marché long-courrier dans son ensemble, la catastrophe redoutée semble avoir été évitée. Seules la Guadeloupe et la Martinique ont vécu une saison dantesque. L’hiver 2008-2009 avait débuté sur les chapeaux de roues, mais les grèves qui ont secoué les îles ont eu de fortes répercussions sur l’activité. Même si les offices de tourisme de ces îles annoncent des baisses de fréquentation limitées sur le marché métropolitain (- 3,1 % en Martinique, par exemple), le Ceto a enregistré une dégringolade de 20,1 % des ventes de forfaits. Exotismes est sans doute le plus touché, qui a perdu plus de 16 000 clients (- 42 %) vers les Antilles françaises entre 2008 et 2009. Un recul d’autant plus douloureux pour les voyagistes qu’il s’est accompagné d’une relance par les prix pénalisante pour leurs finances et celles de leurs fournisseurs.

QUELQUES BONNES AFFAIRES

Cette crise antillaise, de même que celle de la grippe A/H1N1 au Mexique, a en revanche fait les affaires des îles voisines. Pas celles de Cuba, qui continue à dévisser (-20,9 % selon le Ceto sur l’année), ni des Bahamas, destination abandonnée après l’arrêt du vol XL en mai 2009. Mais celles de Sainte-Lucie, qui a amorcé son décollage, et surtout celles de la République dominicaine. La fréquentation des Français n’y a baissé que de 4 % et les ventes de forfaits de 1,8 %, la « Rép’ dom’ » restant de loin la destination long-courrier numéro 1 pour les voyagistes. Si Vacances Transat y a enregistré un essoufflement marqué (- 18,2 %), le Club Med (+22,7 %) a bénéficié de la réouverture de son village de Punta Cana, fin 2008. La résistance dominicaine donne pourtant des signes de faiblesse depuis l’hiver 2009-2010. Le Ceto a enregistré une baisse spectaculaire des ventes d’environ 20 % sur le premier semestre. « La destination est à maturité », estime René-Marc Chikli, président de l’association. Mais il se peut aussi qu’elle subisse le contrecoup du séisme en Haïti et d’une fin de saison marquée par la défaillance de Marsans. Cette disparition ouvre la voie à une des batailles de la rentrée 2010 entre TUI, Thomas Cook et Vacances Transat, décidés à investir la zone. L’hiver promet d’être chaud.