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Air Littoral, le triste épilogue d’un long feuilleton

Après le désistement du groupe Duménil, repreneur désigné d’Air Littoral, le tribunal de commerce de Montpellier a placé la compagnie en liquidation judiciaire.

Dans le sillage d’Air Lib, Aéris et Euralair, c’est au tour d’Air Littoral de rejoindre la liste des naufragés du ciel français. Après bien des coups de théâtre, le groupe Duménil, qui avait été désigné repreneur de la compagnie montpelliéraine début février, a jeté l’éponge. Le transporteur se retrouvant dans l’impossibilité de voler depuis le non-renouvellement de sa licence d’exploitation, le tribunal a logiquement prononcé la liquidation judiciaire.

Depuis fin août, une longue lutte pour la survie

Ce nouvel atterrissage définitif est l’épilogue d’une longue lutte pour la survie qui a commencé fin août lorsqu’Air Littoral, plombée par une dette publique de 67 ME, a déposé le bilan. A l’époque, la direction faisait état d’une mesure technique, qui devait rapidement trouver une solution. Mais depuis, la reprise de la compagnie n’a été qu’une succession d’imbroglios. Malgré un plan social qui a laissé sur le carreau 251 personnes sur un effectif de 926 salariés et une flotte réduite de 32 à 17 appareils en décembre, le fonds d’investissement italien Seven Group, propriétaire de la compagnie Azzura Airlines, a été incapable de mobiliser les 11 ME qu’il s’était engagé à verser. Les salariés ont cru un moment en la solution apportée par le groupe industriel Ionis mais là encore, le projet a échoué faute de garanties financières. Le groupe Duménil n’a pas fait mieux.

Reste à savoir ce que va devenir le réseau d’Air Littoral. La compagnie proposait 120 liaisons, autour des deux hubs régionaux de Montpellier et de Nice. En 2003, elle avait transporté 1,6 million de passagers, dont 750 000 au départ de Nice (8 % du trafic de l’aéroport) et 230 000 de Montpellier (13 %).

Le risque que les low cost s’engouffrent dans la brèche

Outre une desserte importante de la Corse et du Maghreb, vers lequel la compagnie commençait à constituer un réseau solide, ce sont surtout les lignes province-province qui suscitent le plus d’interrogations (voir tableau). Pour les plus importantes, il reste Air France, désormais en position de monopole. Mais pour beaucoup, il n’existe pas d’alternative aérienne. La nature ayant horreur du vide, on peut espérer que les lignes rentables seront reprises par d’autres transporteurs. Le risque que les low cost débarquent sur ces transversales est néanmoins important. Ce qui poserait des problèmes aux agences, qui n’auraient d’autre solution que de revendre ces compagnies pour satisfaire leur clientèle, en recourant aux frais de dossiers.

Les agences et les clients devraient être couverts

Dans cette mauvaise passe, les agences et leurs clients devraient être protégés. Le Snav avait anticipé d’éventuels problèmes en concluant un accord en septembre dernier, qui permettait une consignation partielle des versements mensuels au BSP tant qu’Air Littoral n’était pas reprise. Et vendredi dernier, suite à l’arrêt des vols, le syndicat a lancé une procédure de référé devant le Tribunal de grande instance de Paris pour bloquer les versements des billets émis et non volés des clients lésés. Ce système est équivalent à celui qui avait été mis en place dans le cas d’Air Lib et de Khalifa Airways, et avait bien fonctionné.

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