Dix-huit mois après son lancement sur la ligne Réunion-Paris, Air Bourbon a déposé son bilan lundi 30 novembre auprès du tribunal de commerce de Saint-Denis, trois jours après avoir cessé son activité. Dotée d'un seul avion assurant quatre rotations par semaine entre la Réunion et la Métropole, Air Bourbon a fait les frais de la guerre tarifaire que se sont livrés Air France et Corsair sur la ligne, mais également de la flambée récente du cours du carburant. Résultat : le déficit de la compagnie dépassait les 10 M€.
Cette brutale cessation d'activité n'est pas sans conséquences pour les agences de voyages. Outre le millier de passagers d'Air Bourbon bloqués à la Réunion - leur rapatriement à Paris devrait s?échelonner jusqu'au 9 décembre ! -, la compagnie avait déjà vendu depuis plusieurs mois plusieurs milliers de billets pour les fêtes de fin d'années. Une situation qui a conduit le Syndicat national des agences de voyages (SNAV) à engager une procédure de référé devant le Tribunal de grande instance de Paris afin d'obtenir la consignation des billets d'avion émis entre le 1er et le 30 novembre, jour de la cessation d'activité, pour les quatre prochains BSP (17 décembre, 17 janvier, 17 février et 17 mars 2005). « Les sommes ainsi bloquées permettraient d'envisager un éventuel remboursement des billets émis et non volés avant le 30 novembre », précise Philippe Laloue, directeur du SNAV.