Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Afrique

À l’exception du Kenya, remis en piste, le continent n’a pas été à la fête en 2009. Les plus inquiets sont les tour-opérateurs d’aventure, l’Afrique saharienne ayant pris un sérieux coup de froid.

C’est la bonne nouvelle touristique de l’année 2009 sur le continent africain : le Kenya rugit à nouveau. Les Français ont retrouvé le goût du safari et des belles plages de l’océan Indien. Pénalisée par les émeutes de l’hiver 2007-2008, la destination avait durement accusé le coup, la fréquentation française touchant le fond en cumulé en décembre 2008 (- 60,4 %). L’année 2009 a heureusement permis au Kenya de se remettre en piste. Mieux, depuis novembre dernier, le nombre d’arrivées de Français dans le pays a dépassé le niveau record de 2007. Ce retour de flamme se vérifie dans les chiffres de vente des tour-opérateurs : + 66 % chez Kuoni et même + 172 % chez Vacances Transat, décidé à devenir leader. Le voyagiste du groupe Transat a renforcé ses moyens au cours de l’hiver 2009-2010, grâce à un programme d’affrètements avec XL qui a mis sur le marché quelque 6 000 sièges en collaboration avec Look Voyages. Le TO malin, comme Jet tours ou Fram, a ouvert un club sur les bords de l’océan Indien et parié, avec succès, sur les combinés safari-plage. Une montée en puissance qui n’a, semble-t-il, pas nuit aux spécialistes historiques. Ainsi, African Safari Club s’est refait une santé entre 2008 (1 920 clients) et 2009 (8 000 déclarés).

RECUL GÉNÉRAL EN AFRIQUE DU SUD

Les tour-opérateurs ont été moins gâtés en Afrique du Sud. Si le pays a battu des records de fréquentation internationale, avec 9,9 millions de visiteurs, et devrait accrocher de nouveau les 10 millions en 2010, ce n’est pas grâce aux Européens et encore moins aux Français (- 8,9 %). La faute à la conjoncture économique d’après les autorités touristiques sud-africaines, qui savent par ailleurs que nos compatriotes, contrairement à d’autres clientèles, ne se déplacent pas pour des événements. Les résultats de 2010 ne seront donc pas portés par la Coupe du monde. Les voyagistes confirment. Tous en recul en 2009, ils marquent de même le pas depuis le début de l’année espérant un rebond automnal. Mais la récente réévaluation du rand face au dollar (de l’ordre de 35 %) se traduit par une hausse des prix et risque de compromettre la reprise. Le Sénégal a connu des difficultés en 2009, et les déboires d’Air Sénégal International ne sont pas étrangers à cette situation. Mais les voyagistes, qui continuent pourtant de miser sur le pays – Look a ouvert un Lookea dans l’ancien club Baobab sur la Petite Côte, Fram y a rénové le Palm Beach – déplorent aussi le manque de promotion par les autorités touristiques. Les ventes de forfaits ont baissé de 13,6 % en 2008-2009 selon l’Association de tour-opérateurs – Ceto, à 55 545 dossiers. Et la tendance se confirme au premier semestre 2009-2010, à – 15,1 %. Ce manque de dynamisme n’est rien comparé aux malheurs de l’Afrique saharienne. Attentats et enlèvements ont injustement quasi rayé la Mauritanie de la carte touristique et touché par ricochet le Mali et le Sud algérien, qui espérait pourtant retrouver sa place au soleil. Les spécialistes de l’aventure, par ailleurs inquiets de la nouvelle Loi Kouchner, ont commencé à en faire les frais. Hommes et Montagnes, liquidé en mai, a été repris par le groupe Voyageurs.