Lundi, le tribunal de commerce de Bobigny a placé XL Airways en redressement judiciaire. Les éventuels repreneurs ont jusqu’à samedi midi pour déposer des offres, a annoncé Laurent Magnin, le PDG de la compagnie aérienne, à la sortie de l'audience. "On va se battre dans les jours qui viennent. On a jusqu'à samedi midi pour déposer des offres au tribunal de commerce de Bobigny. On a 5 jours pour faire un miracle".
Les "actionnaires (le groupe Dreamjet, NDLR) ont fait une proposition au groupe Air France", a-t-il ajouté et "le gouvernement, les équipes de Ben Smith (le directeur général d'Air France-KLM, NDLR) doivent évaluer dans les 48 heures s'il y a une capacité de sauvetage d'XL Airways".
Laminé par des gens hors Europe
"Je lance un appel général : on a 600 personnes (salariés), on a des compagnies qui ont dévissé les unes derrière les autres. Chaque compagnie qui tombe, qui fait faillite, n'est pas capable de rembourser ses clients (...) nous avons un véritable tsunami", a-t-il poursuivi, en référence à la compagnie Aigle Azur, placée en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité jusqu'à vendredi et dont le tribunal de commerce d'Evry a commencé à examiner lundi les offres de reprise.
Selon lui, les défaillances de XL Airways et Aigle Azur ne sont "que le début". "On a été laminés par des gens qui sont hors Europe comme Norwegian (une compagnie low-cost long-courrier, NDLR), qui elle-même après nous avoir laminés se refait capitaliser quatre fois par le gouvernement norvégien".
Pour Me Alice Chanu, avocate du comité d'entreprise de la compagnie, "il y a un soutien de l'ensemble des salariés et des syndicats pour tenter le tout pour le tout. La liquidation pure et simple est l'hypothèse la plus dévastatrice". En 2018, XL Airways a transporté 730.000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing, et dessert essentiellement l'Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles et la Réunion mais aussi la Chine.