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2004 n’a pas totalement comblé les tour-opérateurs

Selon le baromètre annuel de l’association des tour-opérateurs (Ceto), les ventes de voyages à forfaits ont progressé de 3,5 % en 2004. Mais l’exercice n’a pas vraiment tenu ses promesses.

En progrès, mais peut mieux faire ! C’est en résumé l’appréciation des cinquante TO membres de l’association de tour- opérateurs (Ceto) pour l’exercice 2003-2004 (1er novembre-31 octobre). Le baromètre annuel, réalisé en collaboration avec le bureau-conseil et d’études WES, fait en effet apparaître une embellie, la première, après trois exercices dans le rouge. Les voyagistes du Ceto ont enregistré au cours de la période une hausse globale de leur activité de 4,7 %, par rapport à l’exercice 2002-2003, et fait voyager quelque 6 167 840 clients.

Les seules ventes de forfaits (4 604 869 passagers) progressent de 3,5 %. L’activité vols secs, avec 1 562 971 passagers, enregistre pour sa part une hausse de 8,2 %. Compte tenu d’un excellent hiver 2003-2004, en hausse de 5 % pour la vente de forfaits, nous espérions toutefois une progression à deux chiffres pour l’ensemble de l’année. Malheureusement, l’été 2004 n’a pas tenu ses promesses, avec une progression limitée à 2,5 %. Le mois d’août en particulier a été très décevant et a plombé le deuxième semestre. Cela doit amener une réflexion en profondeur sur la politique de prix en haute saison, remarque René-Marc Chikli, président du Ceto.

Moins chargée en catastrophes en tout genre que les exercices précédents, 2004 a marqué logiquement un retour à la croissance, mais cette progression masque néanmoins de grandes disparités selon les voyagistes, certains pays ayant beaucoup mieux tiré leur épingle du jeu que d’autres.

Toujours première destination pour les voyages à forfaits, avec 1,244 million de clients, la France a ainsi accusé un très léger recul (- 0,9 %). Si la côte Atlantique a fait le plein, le sud de l’Hexagone a moins fait recette que d’habitude, sans doute par crainte d’une nouvelle canicule. Par ailleurs, de plus en plus de Français privilégient le logement chez des amis ou en résidence secondaire.

La Tunisie se rétablit

En moyen-courrier (avec un total de 2 437 321 forfaits, + 5,7 %), les excellentes performances de l’Egypte (+ 79,8 %), du Maroc (+ 20,1 %) et de la Tunisie (+ 17,7 %), qui confirme son rétablissement, n’ont pas compensé le retrait des destinations méditerranéennes de la zone euro, jugées trop chères par des consommateurs de plus en plus avertis. Parmi les plus significatifs, les retraits de la Grèce continentale (- 26 %) pénalisée par les Jeux olympiques, de l’Espagne continentale (- 14,2 %), des Baléares (- 12,7 %), des Canaries (- 20,4 %) ou encore de l’Italie (- 14,9 %), traditionnelles valeurs sûres.

A l’inverse, la Croatie (+ 146,2 %) rafle la mise avec 45 434 passagers. C’est un démarrage semblable à celui de la République dominicaine il y a quelques années, remarque René-Marc Chikli. Une tendance qui s’est plus que confirmée pendant l’été 2005. Autre point positif, le retour en grâce de la Turquie, qui a affiché l’année dernière un timide mais encourageant + 6,3 %, avec 147 954 forfaits vendus.

Quant aux destinations d’Europe du Nord, elles ont plutôt été à la fête en 2004, avec un Royaume-Uni en progression de 24,1 % et une Irlande également très en forme, à + 8,3 %. Même satisfecit pour l’Europe de l’Est, qui ne représente certes que 4 % du trafic moyen-courrier, mais a bondi de 22,3 % l’an dernier, grâce notamment aux bonnes performances de la CEI (+ 7,5 %), de la République tchèque (+ 24,5 %) et de la Bulgarie (+ 41,7 %). Cette dernière se pose clairement en challenger de la Croatie et progresse fortement avec l’arrivée de nouveaux opérateurs sur la destination, comme Plein Vent ou Look Voyages.

Côté long-courrier (représentant 922 728 clients à forfaits, en hausse de 4,3 %), la République dominicaine a continué en 2004 de caracoler en tête des destinations fétiches des Français (avec 174 485 forfaits, + 10,1 %) chipant même la première place aux Antilles françaises, toujours à la peine (-13,7 %). Une première depuis dix ans toutefois : la République dominicaine arrive à maturité et elle n’a pas progressé en 2005, incitant les TO à trouver rapidement de nouveaux relais de croissance.

Le Mexique confirme son envol

Le Sénégal (- 9,2 %) tout comme Cuba (- 15 %) sont les autres grands perdants de l’année dernière. Le premier souffre d’un manque de promotion et sans doute d’un amalgame avec la Côte d’Ivoire ; le second d’un renchérissement des prix (les prestations se paient en euros) et d’une offre balnéaire moins développée qu’en République dominicaine. En revanche, le Mexique (+ 31,6 %) et les Maldives (+ 19,9 %), avant le tsunami, ont confirmé leur envolée, faisant du tort à l’île Maurice (- 5,8 %) et à la Réunion. Enfin, la baisse du dollar aidant, les Etats-Unis (+ 24,9 %) et le Canada (+ 23,7 %) ont retrouvé le moral. Reprise que l’exercice 2005 a plus qu’entérinée.

La République dominicaine

a continué de caracoler en tête des destinations fétiches des Français