Voir Venise et… sa lagune
Venir à Venise et dédaigner sa lagune ? Grave lacune ! Il faut pousser au delà de la place Saint-Marc où le touriste devient le pigeon des marchands de souvenirs made in China.
Voir la lagune commence déjà par aller jusqu’aux limites de la Sérénissime, vers les quartiers de Cannaregio ou du Castello d’où l’on peut parfois apercevoir Murano. Et puis, plus loin, dans les eaux brumeuses, il faut scruter le plat pour que se distinguent Burano au nord ou Chioggia au sud. Peu d’opérateurs proposent ces voyages où le solide et le liquide se confondent. Il n’en reste à vrai dire qu’un seul, CroisiEurope, qui continue d’opérer un bateau toute l’année. Les grosses compagnies de croisières font bien sûr une halte à Venise, mais ne fouillent pas la lagune, incapables de pousser si loin leurs immeubles flottants. De leur côté, les TO off et on line sont très nombreux à proposer Venise : en entrée de gamme comme Italowcost ou en version luxe comme Émotions de Kuoni, il y en a pour toutes les bourses.
La demande ne tarit pas, malgré la crise. Donatello, leader en forfaits revendique une croissance de 10 % sur l’année avec 25 000 clients. Sa stratégie basée sur un stock important et une marque bien assise en agence lui a même permis de prendre sa revanche depuis cet automne sur Italowcost, très agressif il y a quelques années sans pouvoir tenir la distance avec son modèle yieldé. Donatello affrète de Paris comme d’habitude, mais également depuis Nantes avec une centaine de sièges, contre 80 pour son concurrent low cost. Cet engouement qui ne se dément jamais, provoque l’embouteillage sur place. Avec 3,7 millions d’arrivées (+8,9%) dans son centre historique en 2010, la cité des Doges est littéralement inondée de touristes. Les arrivées des Français, deuxième nationalité derrière les Américains, ont progressé de 4,4 % en 2010. Aussi, la vraie sérénité ne se trouve-t-elle plus dans la Sérénissime, mais bien aux alentours, sur sa lagune.
%%HORSTEXTE:1%%