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Selectour : la new coop rapportera-t-elle aux seules grosses agences ?

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Certains adhérents craignent le pouvoir des adhérents les plus importants, et leur pouvoir d'influence, comme le président du réseau Laurent Abitbol.
Certains adhérents craignent le pouvoir des adhérents les plus importants, et leur pouvoir d'influence, comme le président du réseau Laurent Abitbol.
©peshkov - stock.adobe.com

Le réseau de distribution pousse un nouveau système qui changera la rémunération des agences. Des adhérents craignent que les gros soient les seuls gagnants, face aux petits. Selectour s'en est défendu ce matin, lors d'un point presse.

"Tout est dit sur cette new coop, mais pas sur le fond du projet", a souligné ce matin Alain-Philippe Jomeau, administrateur et rapporteur, pour justifier le point presse. "L’incubateur de cette new coop est Jean-Marie (Seveno, président du GIE ASHA avec Havas Voyages, NDLR), et Jean-Marie seul", a-t-il ajouté. Et donc, pas Laurent Abitbol, président du réseau.

Où en est l’idée, qui fait polémique ? "La new coop n’est aujourd’hui qu’un projet, et ne fait pas partie des résolutions de l’assemblée générale de la semaine prochaine. Nous avons demandé un go/no go le 9 mai, en conseil d’administration. Nous avons (obtenu) l’aval du CA pour continuer notre travail". Le réseau promet d’aller en région, à la rencontre des adhérents, afin de recueillir leur point de vue et leurs idées. Fin novembre aura lieu en assemblée générale extraordinaire le vote sur cette nouvelle coopérative et modèle économique. "Rien n’est fixé tant que nous n’aurons pas vu les adhérents, et tant que les motions ne seront pas écrites", assure Alain-Philippe Jomeau.

Le modèle d’ASHA

En clair, la new coop veut instaurer un meilleur pilotage des ventes, pour améliorer les recettes des vendeurs, assure les porteurs du projet. Sachant que celui qui n'en veut pas pourra toutefois rester au sein de Selectour.

"Le système de pilotage des ventes existe pour la technologie et une partie de la billetterie, via le GIE ASHA créé avec Havas Voyages (et rapporterait 3M€ de surcommissions en 2017). Nous souhaitons l’étendre au tourisme : les surcommissions seront versées non pas de manière systématique, mais aux entreprises qui auront atteint des objectifs de croissance. Nous créons ainsi un palier supplémentaire, pour ceux qui désirent faire du pilotage des ventes", expliquent les deux administrateurs. "Les gros ne toucheront pas plus, les performants toucheront plus", martèle Jean-Marie Seveno. Pour lui, les fournisseurs ne veulent plus de surcommissions de base pour tous.

Remettrons les "brebis galeuses" dans le droit chemin

Le taux de commission de base, lui, restera garanti, il ne baissera pas, assure-t-on. Pourtant, des voyagistes seront tentés de moins rétribuer les moins performants, afin d’éviter l’inflation de l’enveloppe globale versée à Selectour. Au lieu d'un taux actuel de 12% unique, un système à trois vitesses (10%, 12%, 14% par exemple) pourrait inspirer des voyagistes.

"Nous remettrons toutes les brebis galeuses dans le droit chemin", a ajouté Alain-Philippe Jomeau, en désignant les vendeurs qui ont signé des contrats directs avec des TO. "Arrêtons de jouer les francs-tireurs et marchons ensemble. Travaillons tous dans le même sens". Y-a-t-il beaucoup de brebis galeuses ? "Je ne sais pas", répond-il. Le réseau à l’hippocampe a déjà échangé avec les TO au sujet du pilotage des ventes.

Une personne, une voix

Pour bien appréhender le projet et ses besoins de financement, il faut comprendre, aussi, la structure de Selectour. La coopérative détient Selectour Entreprise à 52%, tandis que les adhérents désireux d’investir détiennent les 48% restants (à concurrence de 15 000 actions par adhérent, de 6 euros de valeur chacune, sur un total de 1,6 million). Légalement, elle ne peut pas posséder moins de 35% de l’entreprise. Tous les contrats commerciaux sont signés par Selectour Entreprise, qui joue notamment le rôle de centrale d’achat, comme bras armé de la coopérative, selon Jean-Michel Seveno. La coopérative ne fait rien, si ce n’est prendre des décisions. Selectour Entreprise n’a pas de conseil d’administration, elle dépend donc des décisions du conseil d’administration de la coopérative.

"Par rapport à tous les détracteurs, il est bon de rappeler que le CA dirige et gère Selectour Entreprise, c’est immuable, a insisté Alain-Philippe Jomeau. D’aucune manière, on ne peut remettre en cause le système d’un homme/femme, une voix. "Quand on nous dit que les gros veulent prendre le pouvoir de Selectour Entreprise, c’est impossible ! C’est un mensonge et de la désinformation".

Lever 3 à 8M€

Les agences l’entendront-elles ainsi, quand il leur sera proposé d’investir afin de mener à bien le pilotage des ventes ? "Nous avons besoin d’énormément d’outils, ajoute Jean-Michel Seveno. Donc, nous faisons une ouverture au capital aux adhérents. Nous déplafonnons les 15 000 actions", à un niveau supérieur qui sera déterminé ultérieurement. Mais la coopérative conservera 35% au minimum.

L’objectif est de lever 3 à 8 millions d’euros, pour financer la technologie, ainsi que d’autres besoins spécifiques comme des transmissions d’entreprises. Le capital est ouvert à l’adhérent et au seul adhérent. Les fonds de Mariettton ne pourront pas mettre au pot, précise Jean-Michel Seveno, les TO non plus. Difficile de savoir si l’idée plaira aux adhérents. Tout devra être bouclé fin 2018. Le réseau prépare ainsi les contrats de référencement 2019-2021. Pas question de toucher, a priori, aux contrats en cours (2016-2018).

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