Michel Salaün : Notre modèle est solide »
Original, régional, valorisable, le modèle développé par le petit-fils du fondateur du groupe Salaün, montre qu'on peut se développer en s'appuyant sur la tradition pour se moderniser. Décryptage d'une success story.
Extrait de 2476 caractères : L'Écho touristique : le groupe Salaün fête cette année ses 80 ans. Durant cette période, il est passé de simple autocariste à un vrai groupe de tourisme. Pourquoi ce changement ? Michel Salaün : La situation géographique a été déterminante, ainsi que l'environnement concurrentiel. Notre siège social est à Pont-de-Buis, dans le Finistère qui est un cul-de-sac. Le transport en autocar est une nécessité, mais pour se développer, il fallait éliminer nos concurrents. Après avoir passé mon permis et roulé en Europe en passant devant les grandes sociétés de tourisme en autocar, je me disais que si je ne voulais pas tenir mon volant toute ma vie sans jamais rien tenter, nous devions nous développer en externe. J'ai convaincu mes parents de racheter les Transports Douget comprenant une flotte de 28 autocars, mais également deux agences. C'est ainsi que nous sommes entrés dans la distribution, via les licences de Douget. Dès 1986, nous nous sommes résolument tournés vers le tourisme avec la création de Salaün Évasion, destiné aux voyages de groupe, puis à partir de 1994 d'un vrai département tour-opérating. Aujourd'hui, ce département réalise 90 % de notre chiffre d'affaires, notamment parce qu'en 2008, nous avons revendu à Veolia la partie transport subventionnée, qui réalisait dans les années 90 encore 50 % de notre chiffre d'affaires. Mais ce marché ressemble à une roulette russe et je ne voulais pas mettre mes salariés en danger. Nous sommes désormais un voyagiste en autocar et leader dans ce secteur avec 62 000 clients pour Salaün et 37 000 pour National Tours. À propos de National Tours, votre développement ne s'est pas fait sans heurts, notamment avec cet opérateur rennais... Nous sommes passés avec National Tours d'une franche rivalité à une grande amitié. Mais il faut bien comprendre que les relations chez les autocaristes sont moins feutrées que celles qu'entretiennent les TO classiques entre eux. Dans le secteur, on ne se fait pas de bises. Mais nous n'avons pas fait d'OPA...
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