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Japonais, Italiens et Russes fuient Paris

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La crainte de nouveaux attentats a pesé sur la fréquentation francilienne.
La crainte de nouveaux attentats a pesé sur la fréquentation francilienne.
© Fotolia

Un million de touristes manquent à l'appel depuis le 1er janvier. Certaines nationalités dévissent complètement, mais d'autres résistent.

La région parisienne paie un lourd tribut au terrorisme, selon le bilan dressé par le Comité régional du tourisme (CRT) ce matin. Avec 14,9 millions d’arrivées hôtelières au premier semestre, la fréquentation recule de 6,4% en glissement annuel, à cause de la baisse des clientèles internationales (-9,9%) et française (-3,5%). Autrement dit, les hôteliers ont ainsi accueilli un million de touristes en moins, par rapport au premier semestre 2015. La faute au contexte défavorable, marqué par les attentats (Paris, Bruxelles, Nice), les mouvements sociaux, les inondations.

Américains et Chinois deviennent frileux

La fréquentation hôtelière s’est effondrée s’agissant des clientèles japonaises (-46,2%), italiennes (-27,7%) et russes (-35%). "Les Japonais quittent le top 10 pour la première fois", a expliqué François Navarro, DG du CRT Paris Ile-de-France.

Les Américains et les Chinois, qui faisaient de la résistance en début d’année, entrent à leur tour dans un "cycle inquiétant de baisse", estime le CRT Paris Ile-de-France. Les Espagnols, qui comptent dans le top 5 des arrivées internationales, restent a contrario fidèles à la destination.

Toutes origines confondues, le manque à gagner pour la filière tourisme est estimé à 750M€ au cours des six premiers mois, un montant qui pourrait doubler sur l'année complète (sur 21Mds de recettes globales). Et Paris souffre, en particulier, d'"un effet d’évitement", y compris de la part des voyageurs français, note François Navarro.

L'essor d'Airbnb a joué

Si le climat géopolitique et social est pointé du doigt, le développement des hébergements de l’économie collaborative contribue aussi à cette érosion, a admis le DG du CRT, soulevant l'absence de chiffres de la part d'Airbnb et consorts. Une érosion qui s’est poursuivie pendant l’été, malgré la tenue de l’Euro du 10 juin au 10 juillet : plus de 70% des professionnels interrogés (en dehors de l'économie collaborative) ont noté une diminution de l’affluence en juin, juillet et août.

Les professionnels du tourisme francilien tirent donc la sonnette d’alarme, non seulement les hôteliers mais aussi les sites touristiques également en mal de visiteurs (-34,8% à l'Arc de Triomphe, -16,3% au château de Versailles). Même si l’arrière-saison annonce une amélioration, Frédéric Valletoux, président du CRT, réclame "un plan ORSEC à effet immédiat pour la filière du tourisme. Les campagnes de communication sont nécessaires, mais il faut aller au-delà, vers des mesures d'accompagnement au niveau fiscal, social, et de l'investissement". "Les attentats ne doivent pas occulter certaines faiblesses de la destination", a-t-il ajouté, citant la question de l'insécurité surtout, mais aussi le manque de propreté (sites, autoroutes...) et la qualité insuffisante de l'accueil, dont se plaignent les voyageurs.

Les hôtels observent une forte baisse de fréquantation. Seul point positif: le tourisme d'affaires progresse, lui, de 14,4 points.

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