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Deuil national, touristes français, terrorisme: le gouverneur de l'OT thaïlandais dit (presque) tout

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La Thaïlande souhaite que les touristes vivent des expériences thaïlandaises, plutôt qu'ils restent de simples spectateurs.
La Thaïlande souhaite que les touristes vivent des expériences thaïlandaises, plutôt qu'ils restent de simples spectateurs.
© Fotolia

Nous avons posé cinq questions à Yuthasak Supasorn, gouverneur de l’Office national du Tourisme de Thaïlande, le temps de son escale à Paris.

 

L'Echo touristique : Après le décès du roi, le deuil d'un an a été institué, touchant ouverture des monuments et consommation d'alcool. Quels en sont actuellement les effets sur l'accueil des touristes ?

Yuthasak Supasorn : Il faut rappeler que le deuil n'est imposé qu'aux fonctionnaires et aux entreprises d'Etat. Le privé et les touristes continuent de vivre à leur guise. Si des incidents ont été déplorés, c'est juste durant les 30 premiers jours : il faut comprendre que le pays n'avait jamais été confronté à cette situation. Mais désormais, les seuls monuments qui peuvent être fermés temporairement - et les voyagistes en seront prévenus à l'avance -, sont le palais royal et le temple du Bouddha d'Emeraude.

Fin 2016, la Thaïlande devrait avoir accueilli 690 000 touristes français. Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?

Peut-être même que nous dépasseront les 700 000 ! La France est devenu le 4e marché européen, après la Russie, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Mais le Français fait de longs séjours ; 17 jours en moyenne. L'Europe rapporte à la Thaïlande 11 milliards d'euros ; la France à elle seule, 1 milliard. Dans un pays où le tourisme est la seule activité en croissance, avec 16% du PIB, nous ne pouvons plus nous focaliser sur le nombre d'entrées, nous préférons les recettes ! Dans ce but, nous voulons nous défausser de notre image bas de gamme.

N'est-ce pas se priver de l'opportunité de recentrage du tourisme à petit budget, qu'entraîne les craintes terroristes sur le pourtours de la Méditerranée ?

Je refuse qu'un problème rencontré par un autre pays soit une opportunité. Le terrorisme n'a aucune place sur cette planète ; j'ai beau être thaïlandais, j'ai plutôt envie de dire aux gens : 'Continuez d'aller dans les pays touchés par le terrorisme, c'est comme ça que vous le ferez reculer !'

Et cette nouvelle image que vous voulez promouvoir ?

Nous voulons que le touriste absorbe ce que j'appelle la "thaïté" - le caractère spécifique de la Thaïlande. Nous ne voulons plus que le touriste mange thaï, mais qu'il cuisine thaï ; plus qu'il aille voir la boxe thaï, mais apprenne la boxe thaï ; plus qu'il visite les temples, mais qu'il y médite... Certains de vos voyagistes proposent déjà tout cela ! Il ne suffit plus seulement d'arriver en Thaïlande, mais d'en revenir avec de bonnes expériences. C'est ce qui fait du touriste un habitué. Nous creusons aussi les niches comme le voyage de noces, le sport et la santé. Nous allons aussi promouvoir le Loei, une province très authentique, dans le nord-est.

On dit que la qualité de votre cuisine joue un rôle énorme dans la promotion...

En 2006, avec l'opération "Thaïlande, cuisine du Monde", nous lancions des restaurants thaï en Europe pour encourager le tourisme. A vrai dire, au départ, nous voulions juste mieux diffuser nos ingrédients en Occident, mais au bout du compte, nous avons créé un contrôle de qualité de ces établissements parce que nous avons constaté qu'ils jouaient un rôle dans le choix de la Thaïlande comme destination. D'ailleurs, sur place, la nourriture représente 50% des dépenses du touriste !

Propos recueillis par Dominique de La Tour

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