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CARL DE PONCINS, entrepreneur de choeur

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Carl de Poncins
fait dialoguer l’art
et la technologie.
Carl de Poncins fait dialoguer l’art et la technologie.

Avec Théâtre in Paris, Carl de Poncins construit des ponts entre talents français et public international. Pas si étonnant, finalement, pour cet ingénieur de formation.

« Notre premier service, c'est le sourire. » Quand Carl de Poncins vous le dit, vous y croyez. C'est ce sourire qu'il offre depuis avril 2014, avec ses deux acolytes de Théâtre in Paris, aux touristes étrangers désireux d'assister à une représentation en français, grâce à un système de surtitrage. C'est aussi celui qu'il nous réserve en nous accueillant à La Casa, une pépinière qui abrite cinq start-up à Paris, tout près des Grands Boulevards et de leurs salles de théâtre. Un peu plus tard, au Comedia, où se joue Été 44 avec projection de surtitres en anglais, l'entrepreneur de 36 ans salue le régisseur et fait visiter les lieux, comme à la maison.

Un passé dans l'industrie

Ce polytechnicien n'a pourtant pas toujours côtoyé les planches. Après avoir travaillé dans l'automobile, il rejoint une entreprise française spécialisée dans les minéraux industriels. Il y mène déjà des projets qui sont comme autant de petites start-up et baigne dans un univers international, notamment au Zimbabwe, lieu de son dernier poste. « J'adore travailler, explique Carl de Poncins. Auparavant, je travaillais sur des sujets plutôt obscurs auxquels personne ne comprenait rien, tandis que maintenant, ça éveille tout de suite l'intérêt et la sympathie. » Le goût du spectacle l'anime aussi depuis longtemps. « Ce qui me fait vibrer, c'est la musique classique et le chant choral », confie celui qui chante avec ses deux amis et associés : Christophe Plotard, anciennement journaliste spécialisé dans le tourisme, et Romain Beytout, chanteur lyrique avant l'aventure Théâtre in Paris. Ensemble, ils ont d'ailleurs constitué le Choeur de la Cité voilà six ans. Une harmonie qu'ils espéraient transposer à un projet professionnel commun. C'est finalement une rencontre fortuite avec Nicolas Lormeau, sociétaire de la Comédie-Française, qui créa le déclic. Le comédien revenait d'une tournée en Russie où il avait pu jouer du Feydeau en français, grâce au surtitrage. « Ensemble, nous faisons dialoguer l'art, la technologie et le tourisme », résume-t-il, fier de cette entente fertile qui leur a permis de surtitrer quelque 450 représentations théâtrales à Paris en 2016.

Un projet polyglotte

En janvier 2017, le trio a utilisé sa nouvelle technologie, des lunettes 3D connectées permettant aux spectateurs d'être placés n'importe où dans la salle, et plus seulement dans les zones avec vue sur les surtitres, et de proposer des traductions dans plusieurs langues (et non plus seulement en anglais). « Notre système permet de faire connaître des artistes qui autrement seraient restés inconnus du public international », se réjouit Carl de Poncins. « C'est bien une révolution de l'accueil qu'il faut mettre en place en s'appuyant sur le savoir-faire français dans le luxe », estime le startuper. Cet « enfant de la crise », aux manettes de la partie techno et administrative de la boîte, se dit aussi heureux de créer des emplois. « Ce sont les montagnes russes émotionnelles : un jour tout fonctionne, l'autre pas... Christophe dit que c'est une course de fond. »

En pleine accélération, Théâtre in Paris a fusionné en décembre dernier avec une entreprise allemande de surtitrage pour former Panthea. De quoi amplifier la mélodie polyglotte et optimiste des trois amis.

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