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Boiloris Voyages a déposé le bilan

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Didier Munin n'a pas trouvé de solution pour sortir de ses difficultés financières.
Didier Munin n'a pas trouvé de solution pour sortir de ses difficultés financières.
© Alexandre Nestora

L’APST prend désormais en charge les clients du réseau d'agences de voyages dirigé par Didier Munin.

Rideau pour Boiloris : le réseau s’est déclaré en cessation de paiement le 26 décembre 2016, nous a indiqué ce matin Emmanuel Toromanof, secrétaire général de l'Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST).

"Depuis cette date, l’APST prend en charge les clients de Boiloris", ajoute Emmanuel Toromanof. Soit environ 1000 dossiers. "Nous gérons la situation en direct pour faire partir tous les clients qui ont réservé un voyage, idéalement avec les fournisseurs prévus. Nous appelons les TO, et nous nous engageons auprès d'eux. Nous contactons en parallèle les clients pour trouver des solutions. Les dossiers sont nombreux, avec des départs étalés sur plusieurs mois".

Un préjudice de 2,5M€ à 3M€

Pour l’APST, le montant total du préjudice s’inscrit dans une fourchette comprise entre 2,5 millions et 3 millions d’euros.

Quid de l’avenir ? Le redressement judiciaire de l'entreprise sera très compliqué, en l’absence désormais de garantie financière. Reste deux options, ajoute Emmanuel Toromanof : la liquidation immédiate, ou la liquidation judiciaire avec poursuite temporaire de l’activité, dans l’attente d’éventuelles offres de reprise.

Boiloris cumule un lourd passif. "La restructuration des huit agences Thomas Cook que j'ai achetées m'a coûté un million d'euros. Et nous avons ensuite connu une mauvaise année 2016, qui s'est soldée par une perte d'activité de 18%, due notamment aux attentats", nous avait expliqué Didier Munin, annonçant des pertes totales de 2 millions d'euros.

27 agences de voyages sur le point de fermer

Pour sortir de ses difficultés financières, Didier Munin aurait aimé vendre des points de vente. Et il accuse au passage Thomas Cook France de lui avoir alors barré la route. "Thomas Cook a tiré une balle dans la tête de Boiloris", en utilisant son droit de préemption, avait-il déclaré. "C’est une ineptie, nous avait commenté Nicolas Delord, président du groupe en France. Quand Didier Munin nous a indiqué sa volonté de céder, nous l’avons simplement informé de notre droit de préemption. Or nous avions besoin de temps pour analyser la situation, et régler le problème de l’impayé, avant d’envisager d’éventuelles acquisitions".

La suite de l'histoire ressemble à un mauvais engrenage. Incapable de régler la centrale de paiement de Thomas Cook à l'échéance du 15 décembre, Boiloris a été déréférencé.

Selon son site web, Boiloris regroupe 27 agences parisiennes, dont 13 agences Jet tours, 9 Thomas Cook, 4 agences Boiloris Voyages, et une Havas Voyages. Ces points de vente assurent pour l'heure une permanence, et délivrent ainsi les carnets de voyage nécessaires, en coordination avec l'APST.

Quant à Thomas Cook France, sans Boiloris, il dispose toujours de 13 agences parisiennes aux couleurs de Thomas Cook/Jet tours, et de 59 au total en région parisienne. Sa couverture régionale est donc "amputée" de 30%.

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