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Air France : 48 heures chrono pour faire la paix avec les pilotes

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Le conflit entre pilotes et direction d'Air France s'enlise depuis trois ans.
Le conflit entre pilotes et direction d'Air France s'enlise depuis trois ans.
© Air France-KLM

La compagnie à coûts réduits d'Air France verra-t-elle le jour? Tout dépend des dernières négociations entre la direction et les pilotes qui doivent s'achever mercredi avant un référendum le 13 février.

Le patron d 'Air France, Franck Terner, n'a pas hésité à sortir sa plume pour convaincre les pilotes. Ces derniers doivent se prononcer le 13 février, lors d'un référendum organisé par le syndicat SNPL, "pour" ou "contre" le projet Boost qui prévoit la création d'une filiale à bas coûts afin de résister face à la concurrence des compagnies du Golfe et des low cost.

"Ne pas faire la nouvelle compagnie, c'est renoncer à cette croissance et à toutes les conséquences positives qu'elle emportera pour vous après des années de stagnation", écrit Franck Terner dans cette lettre citée par Le Figaro. "Toute l'entreprise, y compris les pilotes, a fait et continuera à faire des efforts. Le choix que vous avez à faire consiste à donner un avenir à Air France dans un cadre clair et protecteur pour vous, et à rétablir la cohésion et la confiance au sein de l'entreprise", poursuit-il.

Un référendum orienté?

Car le conflit s'enlise, depuis trois ans déjà. Et à dix jours de la présentation des résultats annuels d'Air France-KLM, la nouvelle direction, emmenée par Jean-Marc Janaillac, aimerait pouvoir annoncer le lancement de ce nouveau projet. Pour abattre ses cartes, elle s'est donnée jusqu'au mercredi 8 février, date butoir des négociations, afin de présenter rapidement un accord ouvert à la signature.

"Approuvez-vous l'externalisation d'une partie de l'activité et de la flotte long-courrier et moyen-courrier d'Air France dans une nouvelle structure ?", telle est la question à laquelle devront répondre les pilotes le 13 février. "La question qui vous est posée aujourd'hui par le bureau du SNPL est malheureusement incomplète et formulée de telle sorte qu'elle peut vous inciter à rejeter la création de la nouvelle compagnie. Nous aurons alors dans ce cas collectivement laissé passer une opportunité qui ne se représentera plus", prévient Franck Terner dans son courrier.

Les efforts porteront sur les PNC

Mais la direction d'Air France ne peut se passer de l'accord des pilotes. Elle leur a d'ailleurs déjà accordé une concession majeure avec le contrat unique. Alors que la nouvelle filiale à bas coûts devait employer des pilotes détachés Air France avec des conditions de travail et de rémunération propres à celle-ci, ils bénéficieront finalement des règles d'utilisation et de rémunération d'Air France. C'est donc logiquement sur les PNC que porteront les économies du projet Boost.

Rappelons que le décollage de cette nouvelle compagnie, qui doit opérer à des coûts inférieurs à ceux de sa maison-mère, est prévu à l'automne 2017 pour les vols moyen-courriers et au printemps 2018 pour le long-courrier, avec un transfert de 28 appareils d'ici à 2020. Actuellement, 40% des lignes long-courriers d'Air France sont déficitaires.

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